La hausse des prix du gasoil ne touche pas seulement les automobilistes. Dans les ports du Finistère, la situation est préoccupante. C'est passé d'environ 60 centimes à plus de 80 centimes du litre, explique Stéphane Pochic, armateur à Loctudy, qui gère six chalutiers. Chaque navire consomme environ 350 litres par jour, ce qui représente des milliers d'euros de frais supplémentaires tous les mois.
Des bateaux pourraient rester à quai
Cette augmentation des coûts pourrait avoir des répercussions significatives pour les marins. "Sur une paye, pour quinze jours de pêche, ça peut représenter une diminution de 20%", souligne Stéphane. Il craint que ce climat économique pousse les bateaux à rester à quai. L'absence de rentabilité menace ainsi l'emploi et le paysage économique des ports du Finistère.
Parallèlement, à Guilvinec, le premier port de pêche du département, on constate également des hausses. "J'ai calculé une augmentation de 29%", déclare Christophe Collin, directeur de l'Armement Bigouden, qui supervise neuf chalutiers. Dès à présent, certains bateaux pourraient manquer à l'appel, ce qui pourrait entraîner une perte d'emplois. "Un emploi de marin représente cinq emplois à quai. Si un bateau cesse ses activités, l'ensemble de l'économie des ports est en péril."
Bientôt des aides annoncées ?
Cette crise du gasoil n’est pas inédite pour la filière. En 2022, la guerre en Ukraine avait déjà provoqué une hausse des prix, incitant l'État à agir avec une ristourne de 35 centimes par litre pour chaque société. Aujourd'hui, Christophe Collin espère une aide plus ciblée pour chaque bateau. "On aimerait des aides, mais il faut aller vite. Les marchés sont très volatiles, nous perdons entre 5 et 10% quotidiennement, ce n'est pas soutenable."
Une première réunion entre le comité national des pêches et la ministre de la Pêche, Catherine Chabaud, a eu lieu récemment. D'autres rencontres sont programmées, notamment avec le ministre de l'Économie, Roland Lescure, et le Premier ministre, Sébastien Lecornu. "Différentes options d'aides ont été sollicitées, y compris celles mises en place auparavant. Nous espérons des éclaircissements rapides", conclut Christophe Collin.
Stéphane Pochic évoque aussi les défis administratifs auxquels les pêcheurs font face : "En 2022, nous avons attendu longtemps une réponse pour compenser les difficultés de la pêche. Il est impératif qu'une solution rapide soit envisagée cette fois-ci alors que la pression monte."







