À tout juste 25 ans, Hugo Biolley termine son premier mandat de maire à Vinzieux, une commune ardéchoise de 500 habitants. Élu à 18 ans, cet ancien étudiant de Sciences-po Grenoble a su marier engagement politique et vie académique, un équilibre souvent précaire mais réussi.
Avant même d'entrer dans les bancs de l'université, Hugo nourrissait un désir ardent de servir sa communauté. « Je voulais rendre à mon village ce qu'il m'a donné », confie-t-il. Ce rêve s'est concrétisé lorsqu'il a lancé sa campagne, immédiatement après le lycée, se mobilisant avec une équipe pour mener à bien son projet local.
Les défis ne manquaient pas. Chaque jour, il jonglait entre ses études exigeantes et ses responsabilités de maire, un exercice délicat qui nécessitait du sérieux et de l'organisation. « La campagne était moins éprouvante que le mandat ! », plaisante-t-il, évoquant des trajets de 1h30 à 2 heures entre Grenoble et Vinzieux, qu'il effectuait pendant la semaine et tous les week-ends.
L'importance de la communication
Pour réussir, Hugo a dû adapter son parcours, prolongeant ses études sur sept ans au lieu de cinq, un aménagement similaire à celui accordé aux sportifs de haut niveau. « Il n'y avait pas de dispositif spécifique pour les étudiants élus. Nous avons dû naviguer au cas par cas », explique-t-il.
Sa situation était d'autant plus délicate que le calendrier académique était fluctuant, rendant difficile la planification de ses rendez-vous à la mairie. De nombreux échanges avec l'administration de Sciences-po ont permis de trouver des solutions, telles que le suivi de cours en visioconférence. « La clé, c'est la communication. Dès ma première année, j'ai informé de mon engagement », précise Hugo.
Caroline Bray, vice-présidente de la vie étudiante à Sciences-po Grenoble, témoigne de sa performance : « À ma connaissance, Hugo est l'unique étudiant à s'engager à ce niveau. Son accomplissement est impressionnant ! » Contrairement à de nombreux étudiants militants, le rôle d'un élu impose un tempo différent et souvent plus intense.
Un choix difficile entre deux vies
Hugo partage ses sacrifices : « J'ai dû choisir entre ma vie d'élu et celle d'étudiant. Mes interactions avec d'autres étudiants étaient limitées, car chaque réunion me prenait du temps. »
Pourtant, son âge et son expérience n'ont pas été des obstacles. « Il n'y a pas d'école pour devenir élu, nous apprenons par la pratique », souligne-t-il, soulignant l'importance de se tourner vers ses pairs pour obtenir des conseils. Au fil des mois, le jeune homme a gagné en autonomie dans la gestion de la municipalité, prenant notamment en charge des dossiers tels que le premier permis de construire qu'il a traité. « J'étais élu depuis 24 heures et j'ai dû totalement m'y plonger », se souvient-il.
Au final, cette double expérience a enrichi ses études : « Le terrain m’a apporté des connaissances pratiques qui dépassent largement ma formation académique », note Caroline Bray. Fort de cette expérience, Hugo a décidé de se représenter aux prochaines élections, avec une liste unique qui lui offre de bonnes chances de poursuivre son mandat.







