Au cœur du bourg d'Eymoutiers, sur la route de Meilhac, Paul Leherecy gère une exploitation avec sa mère. Ils élèvent 140 chèvres laitières et 80 vaches à viande, tout en cultivant blé et maïs pour nourrir leur cheptel. En ce moment, il épand du lisier avec son tracteur, ce qui implique un usage important de gazole non routier (GNR).
Paul Leherecy témoigne : "J'ai eu la chance de faire le plein de mes cuves avant le conflit. Cependant, les prix augmentent rapidement et je crains que le retour à la normale soit lointain. Nous devons nous préparer à acheter du GNR à des tarifs très élevés". En contact avec son fournisseur de carburant, il a constaté une augmentation de 30 centimes en seulement quelques jours.
Les syndicats agricoles, lors d'une réunion avec les autorités, ont exigé des garanties gouvernementales pour contrôler les hausses de prix, concernant notamment le GNR. Les ministres de l'Agriculture et de l'Énergie ont assuré qu'aucun abus ne serait toléré, reconnaissant ainsi la détresse des agriculteurs.
Paul, bien que chanceux d'avoir pu anticiper ses achats, s'inquiète des coûts à venir : "Avec les charges imprévues, nous allons devoir puiser dans notre trésorerie, déjà fragile. Selon mes estimations, la hausse de ces dernières semaines pourrait représenter un surplus de 3000 € en carburant et 1500 € en engrais pour l'année". Si les céréaliers au nord sont également concernés, Paul note que son exploitation en Haute-Vienne bénéficie de ressources en lisier qui atténuent quelque peu la crise.







