Cette année, la floraison des arbres fruitiers dans le Cher est avancée d'au moins trois semaines, mettant en péril les récoltes si des gelées tardives surviennent. Des prévisions météorologiques laissent présager des températures pouvant atteindre -4 degrés, un danger pour les variétés précoces comme la Pink Lady, dont la floraison, bien que non encore ouverte, est déjà observable.
La région, avec ses 450 hectares de vergers, est sous haute surveillance. Les arboriculteurs, confrontés à un choix délicat, envisagent différentes solutions de protection contre le gel. La méthode la plus efficace, consistant à arroser les bourgeons pour créer un cocon protecteur, pose question car beaucoup de vergers n'ont pas l'équipement nécessaire. De plus, l'utilisation de voiles de protection est compromise, car cela empêcherait les pollinisateurs de faire leur travail essentiel.
Pascal Clavier, coprésident de la section arboricole à la FDSEA du Cher, évoque les alternatives : "On a des souffleurs d'air chaud alimentés par du bois, utilisables si la situation l'exige. On peut également déployer des éoliennes pour aérer l'air, ou allumer des braseros autour des vergers. Toutefois, si les températures descendent à -6 degrés, ces méthodes deviennent inefficaces." Ces défis mettent en exergue la nécessité d'innovations dans les pratiques arboricoles.
Les bougies, une option terminale mais coûteuse, suscitent également des inquiétudes. "Quand on se lève la nuit pour allumer des bougies coûtant entre dix et quinze euros chacune, et qu'il en faut 400 par hectare, cela génère un coût considérable pour préserver les récoltes. Nos revendeurs doivent comprendre cette réalité, mais la rentabilité à court terme demeure leur priorité", souligne Pascal Clavier.
Comparée à l'année dernière, l'actuelle saison s'annonce particulièrement complexe. En 2022, les arboriculteurs n'avaient pas rencontré de défis majeurs en dehors d'un léger manque d'eau, entraînant des pommes légèrement plus petites. Avec le climat actuel incertain, les professionnels s'adaptent et réfléchissent à des stratégies pour garantir une récolte réussie.







