Les jardins ouvriers, instaurés en 1896 par l'abbé Jules-Auguste Lemire, député-maire d'Hazebrouck, ont été créés dans le but d'améliorer les conditions de vie des ouvriers en leur offrant des parcelles de terre pour cultiver des légumes.
Une histoire engagée pour les ouvriers
Ces jardins représentent bien plus qu'une simple parcelle cultivée. Ils visent à améliorer la qualité de vie des familles ouvrières, tant au niveau alimentaire que social. L’abbé Lemire déclarait : "S’ils permettent aux ouvriers d’échapper à leur taudis, ils encouragent aussi les activités familiales dans ces espaces verts".
Avant le mouvement de Lemire, Félicie Hervieu avait déjà lancé les premiers jardins à Sedan en 1893, suivie par le Père Volpette à Saint-Étienne en 1895. En 1896, l'abbé Lemire élargit ce concept à un public plus vaste.
De jardins ouvriers à jardins familiaux
Après la Seconde Guerre mondiale, les jardins ouvriers évoluent pour devenir des jardins familiaux, accessibles à une plus grande diversité de citoyens. Bien que le nom ait changé, leur but reste inchangé : fournir un espace de loisir et de culture, sans intention commerciale.
Régis par le code rural depuis la loi du 26 juillet 1952, ces jardins sont gérés par des associations à but non lucratif. L’article L.561-1 précise que ces parcelles doivent être cultivées par les familles elles-mêmes. Malgré une tentative de mise à jour de cette législation en 2003, peu de choses ont changé.
En 2007, le Conseil national des jardins collectifs et familiaux (C.N.J.C.F.) est créé pour promouvoir ces espaces et leurs valeurs écologiques, défendant l'intérêt de ces jardins auprès des pouvoirs publics.
Cependant, ces jardins font souvent face à des défis sur le terrain, notamment des préjugés liés à leur origine ouvrière et leur localisation périphérique, souvent peu engageante et manquant d'infrastructures. Malgré cela, l'engouement pour le jardinage bio, les circuits courts et le développement durable redonne vie à ces parcelles. De plus en plus de municipalités réaffectent des terrains pour les jardins familiaux, intégrant des équipements modernes et écologiques.
Ce regain d'intérêt s'accompagne d'un engouement croissant, menant à une augmentation des listes d'attente pour obtenir une parcelle. Les jardins familiaux se transforment ainsi en véritables lieux de partage et de lien social.
La gestion des jardins familiaux aujourd'hui
Depuis leur création, la gestion des jardins familiaux repose sur des associations. La Ligue Française du Coin de Terre et du Foyer (L.F.C.T.F.) a évolué au fil du temps pour devenir la Fédération Nationale des Jardins Familiaux en 2006, puis la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs. Actuellement, environ 135 000 adhérents se regroupent sous le C.N.J.C.F., une initiative conjointe de diverses associations horticoles en France.







