La notion de privilège est un concept relatif, surtout lorsqu'on aborde les niveaux de vie. Serge Guérin, sociologue reconnu, apporte une analyse détaillée, soutenue par des données probantes.
Une perception erronée du pouvoir d’achat
Récemment, les médias et certaines figures publiques ont souvent affirmé que les retraités bénéficient d’un pouvoir d’achat supérieur à celui des actifs. En général, il est déclaré que les revenus des retraités dépassent les revenus des actifs de 10%. Cependant, cette affirmation mérite d’être nuancée. Il est logique que des individus ayant travaillé plusieurs décennies aient des revenus plus élevés que ceux qui débutent leur parcours professionnel.
En réalisant une analyse plus fine, notamment en excluant les jeunes de moins de 25 ans des statistiques des actifs, on découvre que les niveaux de vie de ces deux groupes deviennent équivalents. Par ailleurs, les données de l’Insee révèlent que le revenu médian annuel pour les moins de 55 ans est de 15 500 €, tandis que pour les retraités, il s’élève à 15 410 € (avec 14 870 € pour les 65-74 ans et 14 120 € pour ceux de plus de 75 ans).
L’illusion du pouvoir d’achat en hausse
D’après les analyses du Conseil d’orientation des retraites, le maintien apparent du pouvoir d’achat parmi les retraités est en grande partie dû à un effet de noria. Cela signifie que les nouveaux retraités bénéficient souvent de carrières mieux rémunérées et plus complètes que les générations précédentes. Il est crucial de noter qu’au-delà de cette dynamique, depuis 1992, le pouvoir d’achat des pensions a connu une tendance à la baisse. Par exemple, un cadre de 85 ans a vu son pouvoir d'achat baisser de 10%, tandis qu'un non-cadre fait face à une diminution comprise entre 2 et 7%.







