Sur les cartes de nombreux restaurants, la mention "fait maison" attire l'attention des clients. Mais que signifie réellement cette expression ? La définition répond à des critères juridiques qu'il est essentiel de connaître.
Les règles légales concernant les plats préparés sur place
Selon l'article L122-20 du Code de la consommation, un restaurant peut revendiquer l'appellation "fait maison" uniquement si les plats sont préparés dans les cuisines où ils sont servis. Cette règle vise à contrer une tendance où certains établissements achètent des plats préemballés pour simplement les réchauffer. Les restaurateurs ont la liberté d'indiquer ou non cette mention, mais celle-ci est sujette à des vérifications par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes).
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Décryptage des ingrédients de la cuisine faite maison
Un plat étiqueté "fait maison" doit être préparé avec des ingrédients bruts, frais ou crus, sans autres additifs que le sel, comme stipulé dans l'article D122-1 du Code de la consommation. Cependant, la législation permet aux restaurateurs d'utiliser des produits emballés, conservés de diverses manières, tels que des légumes congelés ou sous vide. Parmi les ingrédients autorisés, on trouve une vaste gamme allant des salaisons et charcuteries aux fleurs, fruits secs, et produits laitiers.
Il est également permis d'incorporer des fonds de sauce ou des fumets achetés, à condition que cela soit précisé au consommateur, et qu'un ingrédient frais soit ajouté, comme des œufs pour un gâteau, pour revendiquer la mention "fait maison".
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Transparence et indication claire au consommateur
Les règles entourant la mention "fait maison" sont strictes et doivent être respectées pour éviter les sanctions. En cas de non-respect, un restaurateur ne peut pas utiliser cette mention ni le logo approprié (une casserole surplombée d'un toit) sur ses supports. Pour un menu affichant plusieurs plats "faits maison", chaque plat doit être mentionné, mais s'ils sont tous préparés selon les normes, une seule indication sur toute la carte est suffisante. Le non-respect de ces régulations peut entraîner des poursuites pour publicité mensongère, passibles de deux ans d'emprisonnement et de lourdes amendes de 300 000 € (article L132-2 du Code de la consommation).
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