La pomme, un dangers, le saumon, un trompeur, la laitue, un réceptacle à résidus... Les enquêtes sur la nourriture s'intensifient, notamment celle de Marie-Monique Robin, diffusée sur Arte. Mais pas de panique, il est possible de bien manger sans souci. Infos et détox.
L'alimentation moderne est jonchée d'incertitudes : faut-il étiqueter certains aliments comme dangereux ? Jamais notre rapport à la nourriture n'a été aussi empreint de doutes. Même les produits considérés comme sains, tels que fruits, légumes et poissons, sont désormais suspectés de contenir des substances nocives. Un récent sondage révèle que 80 % des Français s'inquiètent des pesticides dans les produits frais et de la présence de polluants dans les viandes et poissons (source Ifop). Sous forme de documentaire et de livre, Marie-Monique Robin, après ses précédents travaux sur Monsanto, dévoile dans Notre poison quotidien la réalité inquiétante consistant en une mixture de toxines dans nos assiettes. Elle évoque trois types de poisons : les pesticides, les additifs alimentaires et le plastique des emballages, représentant près de 100 000 substances chimiques utilisées dans l'alimentation mondiale.
Après trois années d'enquête en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, ses conclusions sont alarmantes : "Les études ne tiennent pas compte des effets combinés de ces substances dans notre corps et de leur impact à faibles doses sur la santé sur le long terme." Selon elle, cette "chimie d'apprenti-sorcier" pourrait expliquer la montée des maladies comme les cancers et les troubles neurologiques dans les pays développés, particulièrement chez les enfants, exposés à des niveaux alarmants de contaminants.
L'association Générations Futures a aussi sonné l'alarme, affirmant qu'un enfant de 10 ans consomme quotidiennement en moyenne 128 résidus chimiques 💔. Marie-Monique Robin souligne la manipulation des grandes agences de réglementation qui, basées sur des études fournies par l'industrie agroalimentaire, offrent une fausse sense de sécurité. Cependant, elle reste optimiste : "Les consommateurs prennent conscience de leur pouvoir. Une alimentation bio et l'évitement des plats transformés peuvent changer les choses. Manger est devenu un acte de résistance." Voici une analyse de six aliments éprouvés par des experts.
Gros pépins pour la pomme
Le poison : En première ligne : la pomme, soumise à une multitude de traitements chimiques. En moyenne, un fruit cultivé de manière intensive est exposé à 40 pesticides. La France, championne d'Europe en matière d'utilisation de pesticides, a également révélé des résidus dépassant les limites admissibles dans d'autres fruits, tels que raisins et fraises. Les agriculteurs utilisant ces substances déclarent des taux de cancers supérieurs à la moyenne, ce qui a conduit à la reconnaissance de certaines pathologies comme maladies professionnelles.
L'antidote : Ne cédez pas aux pommes du marché. Lavez-les soigneusement, mais il est préférable de les éviter à moins qu'elles ne soient bio. Heureusement, l'offre de fruits bio s'étend, même dans les grandes surfaces, avec des substituts de pesticides d'origine naturelle.
Légumes : l'overdose
Le poison : La laitue est décrétée comme le légume le plus pollué, avec 61 % de ses échantillons dépassant les niveaux de résidus de pesticides admis. On trouve également des contaminants dans d'autres légumes communs. Par ailleurs, les additifs présents dans de nombreux plats cuisinés soulèvent d'autres préoccupations.
L'antidote : Encore une fois, le bio est la solution, surtout pour les enfants. Envisagez d'adhérer à une AMAP pour des produits de saison, souvent bio, à un prix abordable.
Le saumon en eaux troubles
Le poison : Le saumon d'élevage, en particulier, est tristement célèbre pour sa contamination par des polluants organiques persistants. Les poissons en haut de la chaîne alimentaire, tels que le thon, sont également concernés par ces substances toxiques.
L'antidote : Tournez-vous vers des poissons moins gras et moins pollués, tels que cabillaud ou sardines, tout en conseillant aux femmes enceintes de limiter leur consommation de poisson.







