L'essentiel
Trois ans après la disparition tragique d'Émile Soleil, âgé de deux ans et demi à l'époque, le dossier judiciaire reste toujours sans mise en examen. Bien que l'enquête pour homicide volontaire n'ait pas encore abouti, des avancées notables sont à signaler : découvertes d'ADN inconnu, prélèvements élargis à 106 personnes, et traces agricoles soulèvent de nouvelles interrogations. La pression médiatique, elle, s’accroît, tout comme les tensions dans la communauté locale.
Le 8 juillet 2026 marque le triste anniversaire de la disparition d'Émile, qui a eu lieu dans le hameau du Haut-Vernet (Alpes-de-Haute-Provence) chez ses grands-parents. Malgré la découverte de ses restes en mars 2024, ni l'enchaînement des événements ni l'identité des responsables n'ont été éclaircis. L’enquête, menée par la section de recherches de Marseille avec l'appui du parquet d'Aix-en-Provence, continue d’évoluer.
Une piste agricole se précise
D'après de récentes analyses des vêtements et ossements d'Émile, révélées par France 2 et Franceinfo, les enquêteurs se penchent de plus en plus vers un contexte agricole. Des traces de fientes d'animaux, notamment de poules, ainsi que des fibres de cordelette utilisant dans le secteur agricole, laissent à penser qu’Émile aurait séjourné dans une ferme ou un bâtiment agricole après sa disparition. Une ADN inconnue a été retrouvée sur son crâne, stimulant ainsi une opération de prélèvements sur 106 habitants de la région.
Les avocats des grands-parents d'Émile, Mes Isabelle Colombani et Julien Pinelli, ont par ailleurs sollicité des fouilles supplémentaires dans des fermes et granges de la zone, notamment celles qui n'ont pas été fouillées ou mal perquisitionnées. Ils aimeraient également explorer des sites jusque-là négligés, comme la rue du Four ou l'église Saint-Martin.
Des anciennes conclusions de l'enquête, établies en mars 2025, indiquent que les restes auraient pu être déplacés et déposés peu avant leur découverte, avec des signes de traumatisme facial. Bien que la piste familiale ait été jugée partiellement close, il reste encore des zones d'ombre à élucider dans cette affaire d'homicide volontaire. Le journaliste Valentin Doyen, qui a écrit sur ce cas, a également été auditionné comme témoin.
Les parents dénoncent les fuites
En mai dernier, Marie et Colomban Soleil, les parents d'Émile, ont publiquement critiqué des fuites dans l'instruction judiciaire dans une tribune au JDD. Malgré cela, ils ont réaffirmé leur confiance envers le système judiciaire et les enquêteurs impliqués dans ce dossier complexe.
Alors que le volet judiciaire avance, la pression sur les proches d'Émile devient de plus en plus palpable. Le grand-père, Philippe Vedovini, qui avait été placé en garde à vue en mars 2025 avant d'être relâché sans charges, a déposé de nombreuses plaintes pour menaces de mort et diffamation. Son avocate souligne qu'elle, aussi, fait l'objet de menaces. Face à cette situation, ses avocats envisagent des démarches de protection auprès des juges d'instruction.
Un élément particulièrement troublant est survenu la nuit du 15 au 16 mai lorsque un septuagénaire a incendié la maison des grands-parents, convaincu de leur culpabilité. Reconnu comme victime lors de l’audience du 7 juillet à Digne-les-Bains, l’incendiaire a été condamné à deux ans de prison ferme, avec maintien en détention, ainsi qu'à verser 5 800 euros en dommages-intérêts.







