Les amateurs de douceurs danoises doivent se préparer à une nouvelle qui pourrait altérer leur plaisir culinaire. La kanelsnegle, célèbre brioche à la cannelle du Danemark, fait face à une possible interdiction en raison de sa teneur trop élevée en coumarine, une substance considérée comme risquée pour le foie. En effet, une législation adoptée par l'Union Européenne en 2008 stipule qu'une personne ne doit pas consommer plus de 0,1 mg de coumarine par kilogramme de poids corporel.
Dans un retournement de situation ironique, c'est le ministère danois de l'Alimentation qui a récemment alerté Bruxelles, en précisant que près de la moitié des kanelsnegle produites dans le pays excèdent les doses de cannelle recommandées.
Un goût distinctif menacé
Hardy Christensen, représentant de l'Association des pâtissiers danois, a exprimé son inquiétude face à cette réglementation. Dans une interview accordée au quotidien britannique The Guardian, il a déclaré : "L'application d'une telle interdiction signerait la fin de la kanelsnegle telle que nous la connaissons. Nous cuisinons avec de la cannelle depuis plus de deux siècles. Il est difficile d'accepter que le gouvernement qualifie nos spécialités de non traditionnelles." Cette réduction de la cannelle impacterait inévitablement le goût unique de ces viennoiseries.
Une lueur d'espoir : suivre l'exemple suédois
La Suède, confrontée à une situation similaire, a su préserver ses traditions. En plaçant les kanelbullar, ses propres petites brioches à la cannelle, dans la catégorie des "plats traditionnels et saisonniers", le pays a pu autoriser une concentration de cannelle jusqu'à trois fois supérieure à celle limite imposée par l'Union Européenne. Certains espèrent que le Danemark pourra emprunter ce chemin afin de sauver sa recette emblématique et continuer à ravir les papilles des gourmands.







