Ce vendredi 3 avril, une soixantaine de salariés de l'entreprise Black Star ont arpenté les rues de Béthune, en soutien à leur lieu de travail, actuellement en procédure de sauvegarde. Spécialisée dans le reconditionnement de pneus, l'entreprise fait face à des enjeux cruciaux pour ses 150 employés, dont l'avenir reste incertain malgré l'intérêt manifesté par trois repreneurs.
Au départ de l'usine située sur le site de l'ancienne friche Bridgestone à Béthune, les manifestants, soutenus par des élus locaux et des représentants de l'entreprise, ont exprimé leurs préoccupations face à la situation précaire de leur employeur. L'inquiétude est palpable : "On ne sait pas ce qu'on va devenir, c'est angoissant", confie Laeticia Valembois, salariée investie dans l'entreprise aux côté de son mari.
Black Star a été placée sous la protection du tribunal d'Arras en février, en raison de pertes financières sévères, prévoyant 8,5 millions d'euros de déficit en 2024 et 6,8 millions en 2025. Son actionnaire, Mobivia, a pris la décision de se retirer, ce qui a ajouté à l'urgence de la situation. "Nous espérons trouver un repreneur durant la période d'observation de quatre mois", indique Laeticia.
Pour Steeve Blaszczyk, qui a déjà vécu la fermeture de l'usine Bridgestone, la colère est palpable. "Quand je suis arrivé chez Black Star, tout semblait prometteur, et aujourd'hui, nous nous retrouvons à nouveau dans cette situation", déplore-t-il, soulignant la frustration de ceux qui ont cru en l'avenir de leur nouveau lieu de travail.
Trois repreneurs intéressés
Désireux d'assurer la pérennité de l'entreprise, un appel d'offres a été élaboré pour les repreneurs potentiels, qui se clôturera le 8 avril. Laurent Cabassu, directeur général de Black Star, a exprimé un optimisme prudent : "Le gouvernement a annoncé un soutien sous forme de 6€ par pneu, ce qui a suscité l'intérêt de repreneurs sérieux. Nous avons déjà trois propositions avancées à l'administrateur judiciaire". Il évoque l'espoir d'obtenir jusqu'à cinq dossiers concrets d'ici la date limite.
Les membres de la communauté locale et les élus se sont également engagés à soutenir les travailleurs de Black Star, soulignant l'importance de cette entreprise pour l'emploi et l'économie de la région. "Nous sommes solidaires de cette lutte, car chaque emploi compte dans notre ville", a affirmé un élu de Béthune, reflétant la mobilisation collective face à cette crise industrielle.







