Alors que l'Iran a fait savoir ce vendredi 17 avril que le détroit d'Ormuz serait de nouveau accessible, cette annonce pourrait-elle se traduire par une diminution du prix des carburants dans les stations-service françaises ? Des experts analysent la situation actuelle.
Suite à l'annonce de l'Iran, le cours du pétrole a connu une baisse significative, avec une chute de 10%, faisant passer le prix du baril de Brent d'environ 100 à 89 dollars. Philippe Chalmin, économiste à l'université Paris-Dauphine, prédit une possible diminution d'une dizaine de centimes à la pompe au cours de la semaine prochaine. Selon lui, cette baisse pourrait être plus rapide pour l'essence que pour le diesel, avec des ajustements plus lents pour le kérosène.
Néanmoins, il est crucial de comprendre que la chute des prix ne s'est pas encore matérialisée sur le marché physique, car les distributeurs continuent d'écouler leurs stocks achetés à des prix plus élevés. Philippe Chalmin souligne : « La cotation du Brent peut varier, mais le prix auquel les raffineurs achètent leur pétrole est différent et a souvent été aux alentours de 115 dollars ces derniers jours. »
Une baisse inéluctable mais progressive
Même si les prix pourraient enregistrer une légère baisse, les automobilistes ne doivent pas s'attendre à retrouver des tarifs au niveau d'avant le conflit, fixé à 60 dollars le baril. Chalmin souligne que « même si la réouverture du détroit d'Ormuz se confirme, il est peu probable que les prix descendent en dessous de 60 dollars avant l'automne. »
Des enjeux stratégiques autour du détroit d'Ormuz
Bien que la réouverture du détroit ait rassuré les marchés, sa pérennité reste suspendue à la durée du cessez-le-feu, en vigueur jusqu'au 22 avril. Le président Macron a exprimé son soutien à cette mesure, tout en appelant à une réouverture inconditionnelle du détroit.
Ce vendredi, Emmanuel Macron a également dirigé un sommet avec 49 pays pour discuter de la sécurisation des voies maritimes, soulignant l'importance de ces discussions pour garantir la continuité des approvisionnements. Un appel a été lancé pour éviter un péage sur le détroit, mesure qui pourrait aggraver davantage les coûts.
Nouvelles aides pour les professionnels touchés
Face à la pression croissante sur les prix, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la préparation d'un nouveau paquet d'aides pour les secteurs les plus touchés, notamment l'agriculture et le transport. Malgré cette aide, il n'est pas prévu de chèque carburant pour les ménages.







