Une étude de la DGCCRF, révélée le 6 juin, soulève des préoccupations sur la qualité des épices disponibles, affichant un taux d'anomalie de 51 % dans les prélèvements effectués. Peut-on encore dénicher des épices de qualité ? Décryptage.
La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a révélé qu’au sein d’un échantillon de 181 établissements, plus de la moitié des prélèvements présentaient des anomalies, que ce soit sur la composition ou l’étiquetage des produits. Les épices le plus souvent affectées incluent le safran (81 %), le poivre (59 %), le paprika et les piments (54 %), ainsi que le curry et le curcuma (41 %). Malgré ces chiffres inquiétants, Loïc Tanguy, directeur de cabinet de la DGCCRF, nuance en précisant que les prélèvements visaient des produits déjà suspects. Qu’en est-il de l’achat d’épices en grandes surfaces ? Gérard Vives, spécialiste des épices, estime qu’il est possible de trouver des produits corrects, mais qu’il est préférable de s’adresser à des experts pour des conseils avisés.
Où acheter ses épices ?
Un marché en plein essor
Le secteur des épices, qui englobe les condiments et assaisonnements, a connu une croissance de plus de 35 % en volume et près de 45 % en valeur au cours des dix dernières années, selon la DGCCRF. Néanmoins, il est souvent recommandé d'éviter d'acheter des épices en vrac, car celles de qualité y sont rares. Olivier Roellinger, chef cuisinier, souligne que ces produits sont souvent exposés à la contamination. Vives conseille de toujours choisir des épices hermétiquement scellées pour préserver les essences délicates et volatiles. Malheureusement, la majorité des épices disponibles dans le commerce souffre d'un manque de qualité, en grande partie dû à l'absence de réglementation stricte en matière d’étiquetage, favorisant ainsi les mélanges douteux et les erreurs géographiques, surtout pour les importations hors Europe.
L'importance de la fraîcheur
Une bonne affaire peut masquer des problèmes de qualité.
Olivier Roellinger s’indigne du fait que la plupart des poivres consommés en France aient plus de cinq ans. Plus une épice est fraîche, meilleur est son goût. Pour garantir la fraîcheur, il est crucial de faire appel à ses sens : la vue, l’odorat et, si possible, le goût. Si une épice est terne, sans odeur ou saveur marquée, il vaut mieux l’éviter. Le prix d’une épice n’est malheureusement pas toujours indicatif de sa qualité. Selon les tests réalisés par Gérard Vives, de mauvais produits peuvent parfois être les plus chers. Il insiste sur le fait que, même si l'idéal serait d'acheter des épices entières, un bon épicier est celui qui peut fournir des informations détaillées sur ses produits, un aspect rare en pratique. La DGCCRF prévoit de poursuivre ses évaluations sur le sujet.
(1) Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Étude réalisée sur 181 établissements ; 179 prélèvements effectués entre 2016 et début 2017.
(2) Gérard Vives, auteur et spécialiste des épices.







