Une soixantaine de salariés de la CIBEM (Compagnie Industrielle des Bois et Emballages), une filiale du groupe Lactalis située à Saint-Pierre-en-Auge, se préparent à saisir les Prud'hommes ce 24 avril, après avoir été licenciés pour des raisons économiques. Plusieurs d'entre eux dénoncent des indemnités jugées insuffisantes pour compenser leur départ.
La situation est critique pour les 104 employés de la CIBEM, qui a été mise en cessation d'activité. Au cours de négociations difficiles, la direction a décidé de liquider l'établissement, laissant les travailleurs avec l'option d'être reclassés au sein d'autres entités du géant laitier. Dans ce contexte, une soixantaine d'employés ont opté pour des recours juridiques, principalement motivés par le sentiment d'injustice lié à des indemnités jugées trop basses.
Des indemnités trop faibles
Lors d'une réunion à la salle communale de Saint-Pierre-en-Auge, les concernés se sont réunis autour de leur avocate, Elise Brand, experte dans la défense des droits des travailleurs. "Je récupère vos lettres de licenciements, bulletins de salaires et contrats de travail pour étudier cela", a-t-elle annoncé. Toutefois, elle a également souligné la difficulté de contester les licenciements, car ceux-ci sont justifiés par des raisons économiques.
S'approchant de la situation, l'avocate a mentionné : "Nous ne pourrons pas contester la validité des licenciements, il est essentiel de réclamer des dommages et intérêts. Cette période a été éprouvante pour les employés." Les salariés ont exprimé leur déception face aux indemnités de 750 euros par année d'ancienneté, jugées largement insuffisantes. "Nous avons investi des années dans cette entreprise sans être reconnus", a déclaré Sylvie, conductrice d'engins motorisés à la CIBEM.
Virgine et Alexandra, deux cheffes d'équipe, ont également partagé leurs préoccupations. "Pour mes 15 ans d'ancienneté, je touche seulement 30 000 euros. Lactalis doit compenser ces pertes de manière équitable," a souligné l'une d'elles, tandis que l'autre a ajouté : "Personnellement, je ne désire même pas l'argent, c'est une question de principe."
Beaucoup d'émotions
La violence émotionnelle de cette transition est palpable, notamment pour Valérie Prévot, déléguée syndicale de la CFDT à la CIBEM. Bien qu'elle n'ait pas encore été licenciée, elle se rend régulièrement sur le site pour voir ses collègues partir : "C'est déchirant de voir les machines partir et de perdre ses collègues. J'ai pleuré en voyant cela," a-t-elle partagé.
Elise Brand a confirmé que le Conseil des Prud'hommes de Lisieux sera bientôt saisi. Sur les 104 salariés, environ 25 ont réussi à obtenir un reclassement dans d'autres postes au sein de Lactalis. À ce jour, la direction n'a pas encore répondu aux demandes de renseignements.







