Le 30 avril, le japon a pris une mesure audacieuse en injectant près de 5.000 milliards de yens, soit environ 32 milliards de dollars, sur les marchés des changes. Cette décision a été révélée par plusieurs organes de presse nippons, alors que la monnaie nippone était tombée à son niveau le plus bas depuis 2002, se négociant à près de 160 yens pour un dollar, un seuil inquiétant pour l'économie japonaise.
Cette dépréciation du yen rend les importations, notamment celles d'hydrocarbures, beaucoup plus coûteuses. Les tensions géopolitiques amplifiées par les dernières conflits au Moyen-Orient exacerbent la situation, poussant les prix des matières premières à la hausse.
Suite à cette intervention, le yen a légèrement repris, se stabilisant autour de 156,8 yens pour un dollar. Des analyses d'experts, comme celles d'agents de la banque centrale, estiment que le montant de l'intervention pourrait atteindre jusqu'à 6.000 milliards de yens, un chiffre corroboré par des sources telles que Nikkei et Jiji Press.
Cependant, les analystes, dont Kathleen Brooks de XTB citée par Bloomberg, mettent en garde : "Il est probable qu’ils devront continuer à intervenir pour soutenir le yen à long terme. De précédentes manipulations n’ont pas réussi à enrayer sa tendance baissière." Cette intervention est d'autant plus cruciale à un moment où le japon pourrait faire face à une inflation galopante, poussée par des coûts d'importation alourdis.
un avenir incertain pour l'économie japonaise
La guerre au Moyen-Orient pourrait peser sur l'économie déjà fragile du japon. Selon la banque centrale, l’inflation pourrait atteindre 2,8 % cette année, alors qu'elle n'était prévue qu'à 1,9 % précédemment. Parallèlement, la prévision de croissance économique pour 2026 a été revue à la baisse, passant de 1,0 % à 0,5 %.
Le manque de réaction face à des événements imprévus pourrait aggraver cette situation. La banque centrale a récemment averti que si les prix du pétrole continuent d'augmenter, l'économie pourrait connaître un ralentissement plus marqué, provoquant une chute des bénéfices des entreprises et une diminution du pouvoir d'achat des ménages.
"Nous avons longtemps évité une situation de déflation, mais depuis le printemps 2022, les prix à la consommation augmentent au-delà de 2 %. Pour contrer cela, nous avons déjà commencé à resserrer nos taux".
Pour aller plus loin: La dette abyssale du japon







