Les marchés boursiers ont adopté une attitude prudente, ce lundi, en l'absence d'un accord entre l'Iran et les États-Unis concernant le détroit d'Ormuz, une artère essentielle pour le transport de l'or noir.
En France, le marché parisien a connu un léger recul de 0,69%, en grande partie à cause de la baisse significative des valeurs du luxe, notamment LVMH (-4,38%), Hermès (-3,28%) et Kering (-3,01%). Une analyse de la banque Berenberg a incité les investisseurs à se détourner de ce secteur, jugé à faible potentiel de croissance, et ce, malgré les contextes géopolitiques tendus.
À Londres, Burberry a également subi une chute de 3,35%. Pendant ce temps, Francfort a réussi à clôturer presque à l'équilibre (+0,05%). L'analyste Andreas Lipkow a noté que les secteurs de l'énergie et de certaines valeurs pharmaceutiques ont vu une demande accrue, tandis que d'autres entreprises, comme Rheinmetall (défense) et Gea (alimentaire, pharmacie), ont rencontré des ventes importantes.
Sur les marchés londoniens, la hausse des prix du pétrole a permis une progression de 0,36%, tandis que Milan a enregistré une hausse de 0,76%. À New York, le Dow Jones était stable (0,01%) avant la clôture, cependant, le Nasdaq (+0,34%) et le S&P 500 (+0,32%) témoignaient d'une certaine résilience des investisseurs américains face à la situation géopolitique.
Le président américain Joe Biden a récemment critiqué la réponse de l'Iran à la proposition américaine pour résoudre les conflits, la qualifiant de "totalement inacceptable" sur son réseau Truth Social, renforçant ainsi les incertitudes du marché.
En ce qui concerne le pétrole, à 16H00 GMT, le baril de Brent, référence européenne, présentait une hausse de 2,58% à 103,09 dollars, tandis que le WTI américain a progressé de 2,39% à 97,70 dollars. Selon l'analyste Andreas Lipkow, cette augmentation des prix du pétrole soulève des inquiétudes sur l'inflation et incite à une grande prudence sur les marchés.
Actuellement, seulement 3,9 millions de barils par jour transitent par le détroit d'Ormuz, bien en dessous des 20 millions avant le déclenchement du conflit. Helge André Martinsen, analyste chez DNB Carnegie, souligne que cette situation crée une perturbation nette d'environ 16,1 Mb/j, reflétant des perturbations significatives dans les flux pétroliers du Moyen-Orient.
Florian Ielpo, analyste pour Lombard Odier, questionne la durabilité d'un marché dépendant d'une production pétrolière réduite, tout en anticipant que des pénuries pourraient conduire à une forte montée des prix.
La situation des taux d'intérêt est également préoccupante, car la montée des prix du pétrole maintient la pression sur les taux de la dette publique, avec un possible relèvement imminent par la BCE prévue pour la mi-juin.
En revanche, la Bourse de Séoul a connu une forte augmentation de 4,32%, grâce aux actions technologiques, stimulées par un regain d'intérêt pour l'intelligence artificielle. Le géant Samsung a bondi de 6,33% et SK Hynix de 11,51%. Ipek Ozkardeskaya de Swissquote Bank note que les tensions géopolitiques ne semblent pas perturber les investisseurs dans ce secteur.
Malgré tout, l'experte reste vigilante, insinuant que le calme apparent des marchés pourrait être précaire, et souligne que l'ennemi principal des entreprises technologiques demeure la hausse des taux d'intérêt, qui pourrait freiner leurs besoins d'investissement à long terme.







