Sur le plateau de BFM Business, Pierre-Olivier Gourinchas a fermement souligné que la France doit s'en tenir à son plan budgétaire établi et limiter les aides accordées aux citoyens et aux entreprises en réponse à la crise énergétique actuelle. Selon Gourinchas, ces mesures doivent non seulement être ciblées et temporaires, mais aussi respecter le signal prix.
"La dette nationale continue d'augmenter et une attention particulière doit être portée sur notre déficit, prévu à 5,1 % en 2025 et à 5 % en 2026. C'est un chemin à suivre qui doit être encouragé", a déclaré le chef économiste. Il a souligné l'importance d'avoir des marges budgétaires pour faire face à d'éventuels chocs économiques futurs.
"Il est compréhensible que des aides soient demandées, mais il est crucial de maintenir la stabilité budgétaire. Les aides doivent être très ciblées pour éviter un gaspillage financier, et elles doivent être temporaires. Ces trois critères sont primordiaux", a ajouté Gourinchas.
D'après les statistiques gouvernementales, la France est l'un des pays les plus économes d'Europe en matière d'aides aux ménages et aux entreprises, alors même que la flambée des prix a entraîné une chute de 30 % de la consommation de carburant au début du mois de mai. Face à cette situation, le gouvernement a prévu de s'exprimer "en début de semaine prochaine" pour discuter des ajustements nécessaires à ses dispositifs de soutien.
En parallèle, Gourinchas a mis en avant la prudence nécessaire de la part des banques centrales, qui se préparent à augmenter leurs taux d'intérêt. Il a argumenté que relever les taux ne résoudrait pas les problèmes liés aux prix élevés de l'énergie, et pourrait, au contraire, nuire à d'autres secteurs de l'économie. "Il est vital de surveiller les anticipations d'inflation de près, car cela pourrait être un signal d'alerte sur la dégradation possible de notre situation économique", a-t-il conclu.







