John Ratcliffe, directeur de la CIA, s'est rendu jeudi à La Havane pour une réunion sans précédent avec des responsables cubains. Cette visite intervient alors que l'île affronte une grave crise énergétique exacerbée par un blocus pétrolier imposé par les États-Unis.
Les autorités cubaines ont confirmé la rencontre, soulignant son but de "favoriser le dialogue politique" entre les deux nations, malgré leurs différends historiques. La CIA n'a pas encore établi de contact avec les médias pour confirmer les détails de cette réunion, mais l'importance de ces échanges est reconnue.
Une rencontre antérieure à La Havane, qui remonte au 10 avril, avait marqué un tournant, étant la première visite d'un avion gouvernemental américain sur l'île depuis 2016. Ce dialogue se tient dans un contexte où Cuba souhaite démontrer qu'elle ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.
Rappelons que Donald Trump avait déclaré, fin janvier, que Cuba représentait une "menace extraordinaire" pour les États-Unis, menant à un renforcement des sanctions. La Maison Blanche a justifié ces mesures par la nécessité de répondre à la situation sur l'île, touchée par un embargo qui dure depuis plus de six décennies, aggravé par un blocus pétrolier récent.
Pour sa part, Cuba a tenté de prouver qu'il n'existe aucune base militaire étrangère sur son territoire, réfutant des allégations de surveillance chinoise. La crise énergétique, alimentée par des sanctions accrues, touche particulièrement les 9,6 millions d'habitants de l'île, dont beaucoup subissent des coupures d'électricité prolongées, entraînant des manifestations de mécontentement, comme en témoigne la mobilisation de la population à La Havane.
Les autorités ont indiqué que la situation du réseau électrique est critique, avec des déconnexions touchant plusieurs provinces. La centrale thermique Antonio Guiteras, essentielle pour l'approvisionnement en électricité, a aussi rencontré des problèmes techniques, aggravant la crise.
Face à l'urgence, le gouvernement cubain s'est déclaré "ouvert" à examiner une proposition d'aide financière de 100 millions de dollars faite par Washington, conditionnée par son passage par l'Église catholique plutôt que le gouvernement cubain. Miguel Diaz-Canel, président cubain, a néanmoins souligné qu'une levée des sanctions serait une solution "plus simple" pour résoudre la situation.
Cuba fait face à une grave crise énergétique depuis le milieu de 2024, aggravée par les restrictions imposées par les États-Unis. Une seule cargaison de pétrole d'un pétrolier russe a été reçue depuis janvier. La Havane continue d'attribuer la responsabilité de ces difficultés au blocus américain, tandis que Washington évoque des problèmes de gestion interne.
En cette période délicate, la libération récente de la dissidente Sissi Abascal, condamnée à six ans de prison, a été saluée par Washington. Son départ pour l'exil est perçu comme un signe d'ouverture, même si des défis importants persistent entre les deux nations.







