Le gouvernement cubain a déploré mercredi les conséquences des sanctions économiques américaines sur son réseau électrique, avec des témoins rapportant des coupures allant jusqu'à 20 heures par jour. Le Département d'État américain a pourtant proposé une aide financière de 100 millions de dollars, mais celle-ci est assujettie à la distribution par l'Église catholique, une condition que le gouvernement cubain conteste.
Les tensions entre les deux nations sont palpables, comme l'illustre l'accusation de Miguel Díaz-Canel, président cubain, qui a récemment qualifié le blocus énergétique d'« acte génocidaire ». Il a ajouté que « la persécution énergétique » par les États-Unis fait partie d'un plan délibéré visant à soulever le mécontentement populaire contre son administration.
Dans un contexte où près de 65 % de l'île subit des pannes, les responsables cubains soulignent que cette crise est aggravée par des infrastructures vieillissantes, qui dépendent de sept centrales thermiques. Selon Vicente de la O Levy, ministre de l'Énergie, la situation est désormais critique, et l'été intensifie la demande en électricité.
« La chaleur continue d’augmenter, et l'effet du blocus nous fait vraiment beaucoup de mal. La consommation électrique augmente avec les températures estivales, exacerbant la crise », a-t-il déclaré lors d'une interview à la télévision nationale.
À La Havane, des manifestations sont survenues, les habitants exprimant leur exaspération en frappant des casseroles. Des slogans tels que « Mettez-nous la lumière ! » ont retenti dans plusieurs quartiers, témoignage du mécontentement croissant face à la situation actuelle.
La seule aide pétrolière récente provient d’un navire russe, qui a déchargé 100 000 tonnes de brut, offrant un répit temporaire avant que les réserves ne soient épuisées. Par ailleurs, l'île a engagé des projets d'énergie renouvelable avec le soutien chinois afin de réduire sa dépendance au pétrole, mais cela prendra du temps pour porter ses fruits.
Dans ce contexte de menace énergétique et de tensions diplomatiques, Cuba reste déterminée à résister aux pressions extérieures, refusant de céder face aux difficultés économiques aggravées par un embargo qui dure depuis plus de soixante ans.







