Cuba a récemment désigné les États-Unis comme responsables de la crise actuelle du réseau électrique, marquée par des coupures massives alors que Washington réitère son offre d'aide de 100 millions de dollars, conditionnée à la coopération de l'île.
Le Département d'État américain a renouvelé cette proposition d'assistance, sous l’impulsion du secrétaire d'État Marco Rubio, fils d'immigrés cubains. Cette offre, formulée pour la première fois lors d'une visite au Vatican, a été rejetée par l’île, qui dénonce les affirmations américaines comme étant fausses.
La tension entre Washington et La Havane s'intensifie, malgré des négociations en cours. Une réunion diplomatique a eu lieu le 10 avril, mais les échanges se sont rapidement retournés en accusations. Cuba a fermement contredit les déclarations de Rubio selon lesquelles la crise énergétique serait attribuable à une mauvaise gestion économique interne, blâmant plutôt un blocus énergétique exercé par les États-Unis.
Depuis la chute de l’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro, allié de Cuba, la pression américaine sur l'île a augmenté, exacerbée par un embargo en place depuis plus de 60 ans. En janvier, l'ancien président Donald Trump a classé Cuba comme une "menace extraordinaire", menaçant de sanctions quiconque tenterait de fournir de l'énergie à l'île.
Actuellement, le réseau électrique cubain est en crise, avec de telles coupures qu'environ 65 % du pays a connu des interruptions de courant récentes. Les habitants de La Havane rapportent des coupures atteignant jusqu'à 19 heures par jour, avec certaines provinces subissant des pertes de courant pendant des journées entières.
Le président Miguel Diaz-Canel a souligné cette "aggravation dramatique", affirmant que la cause principale résidait dans le blocus "génocidaire" imposé par les États-Unis. Les chiffres sont alarmants : une seule cargaison de pétrole en provenance de Russie a permis un léger répit, mais les réserves s'épuisent rapidement, laissant le pays dans une situation critique.
Vicente de la O Levy, ministre de l'Énergie et des Mines, a averti que les températures estivales aggravent les coupures, faisant état d'une "situation tendue". Pour lui, et pour le président cubain, cette déstabilisation fait partie d'un plan orchestré par Washington visant à nuire au peuple cubain.
Des manifestations ont eu lieu, notamment à San Miguel del Padron, où des habitants ont dénoncé les coupures incessantes. Cependant, Diaz-Canel a tenu à rappeler que, malgré les défis, Cuba reste "debout" et loin de la faillite.
La production d'électricité sur l'île dépend principalement de centrales thermiques vieillissantes, et le pays cherche à réduire sa dépendance au pétrole en investissant dans les énergies renouvelables, avec le soutien de la Chine. La route vers une solution durable semble encore semée d'embûches.







