En coordination avec trois autres pays influents de l'Union européenne, la France fait pression sur Bruxelles pour qu'elle adopte des mesures plus sévères contre les pratiques commerciales déloyales, selon un document consulté par le Financial Times.
Ce texte, dont les détails restent inconnus du grand public, vise des pays qui mettent en place de nouvelles barrières commerciales ou exacerbent une surcapacité industrielle structurelle, en ciblant principalement - sans la nommer - la Chine. Une importante session de la Commission européenne est planifiée pour vendredi afin d'examiner ces relations, tandis que le document aborde également les défis posés par les biocarburants américains et l'acier indonésien.
Les signataires avancent que ces pratiques déloyales ont eu des répercussions significatives sur l'industrie européenne, laquelle aurait perdu près d'un million d'emplois entre 2019 et 2025. Ils demandent une accélération des procédures d'instauration des droits de douane, estimant que le cadre actuel est trop lent. En outre, ils préconisent que la Commission ait la capacité d'imposer des droits supplémentaires à des entreprises spécifiques, plutôt qu'à des produits ou pays, afin de minimiser les contournements.
S'il est courant que la France prenne l'initiative sur de telles questions, le soutien des Pays-Bas et de l'Espagne indique un tournant potentiel au sein de l'UE. En effet, il y a un an et demi, Madrid avait refusé de se prononcer sur les droits de douane relatifs aux véhicules électriques chinois. Notons que l'Allemagne, bien que fortement exposée à la montée en puissance des industriels chinois, ne figure pas parmi les signataires du texte.
La France pousse en coulisses
Récemment, l'exécutif français a intensifié ses efforts pour convaincre les membres de l'UE de renforcer les défenses commerciales, prônant une préférence européenne. Emmanuel Macron a même suggéré que l'UE s'inspire de la législation américaine, notamment la section 301 de la loi commerciale de 1974, utilisée par Donald Trump pour établir des droits de douane.
Alors que l'Union européenne, en tant que grande exportatrice, fait face à un déficit commercial vis-à-vis de la Chine, cette situation, bien qu'antérieure à l'entrée de la Chine dans l'OMC en 2001, s'est aggravée, atteignant 360 milliards d'euros l'an dernier. Avec les entreprises chinoises qui montent en gamme et deviennent compétitives dans des secteurs historiquement dominés par l'Europe, la situation engendre des risques de désindustrialisation sur le continent. Des dépendances critiques, qui pourraient être exploitées comme en témoigne la récente crise des matières premières, compliquent davantage le tableau.







