Des acteurs majeurs tels qu'Amazon, Apple et Meta sont en première ligne d'un tournant pro-business à l'Union européenne, intensifiant leurs efforts de lobbying à Bruxelles. Un récent rapport indique que les entreprises ont consacré environ 381,75 millions d'euros à leurs actions de lobbying en 2025, marquant une hausse de 7,8 % par rapport à l'année précédente.
Plus de 17 000 organisations, incluant entreprises, ONG et consultants, s'affrontent dans la capitale européenne pour façonner les politiques de l'UE.
La recherche, menée par Corporate Europe Observatory et LobbyControl, révèle que les géants de la tech dominent en termes de dépenses, investissant 73 millions d'euros, suivis par le secteur bancaire (66,7 millions) et celui de l'énergie (52 millions), notamment pour soutenir l'hydrogène. Enfin, l'industrie chimique et l'agrobusiness ont également contribué à hauteur de 46,5 millions d'euros.
Ce boom dans le lobbying est soutenu par un agenda de simplification des lois mis en place depuis le début du second mandat d'Ursula von der Leyen, destiné à relancer une économie fragilisée par les tarifications douanières américaines et la concurrence accrue de la Chine.
Vicky Cann, de Corporate Europe Observatory, dénonce cette "vague de dérégulation" qui favorise les intérêts industriels, arguant que les décideurs européens deviennent trop accessibles aux lobbyistes. En ce sens, Teresa Anjinho, la médiatrice de l'Union européenne, a souligné que les consultations autour d'une nouvelle législation sur le "devoir de vigilance environnementale" des grandes entreprises avaient trop impliqué des représentants industriels.
Bien que la Commission européenne ait affirmé avoir consulté une variété d'acteurs, y compris des syndicats et des ONG, des doutes persistent concernant cette transparence. L'enquête d'Investigate Europe a également révélé que des propositions de législation sur l'efficacité énergétique reflétaient des arguments fournis par des entreprises du secteur technologique.
La Commission se défend contre ces accusations, assurant que les informations diffusées ne compromettent pas les secrets d'affaires. Malgré tout, le principe de transparence demeure un point de préoccupation pour de nombreux observateurs et acteurs politiques, dont l'eurodéputé écologiste Daniel Freund. Selon lui, le manque de clarté devrait être atténué par la formation d'un nouveau comité éthique, dont la mise en place est attendue depuis avril 2024, mais qui accuse un retard en raison de désaccords internes au sein du Parlement européen.
Enfin, bien que des mesures aient été mises en place pour garantir la transparence des actions de lobbying, comme le registre de transparence instauré en 2011, la question d'une régulation plus stricte se pose dans un contexte où la confiance devient de plus en plus précieuse.







