Si un accord entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin aux conflits au Moyen-Orient se concrétise, "les prix à la pompe pourraient continuer à baisser", assure Philippe Casbas, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip) sur franceinfo. Le gazole a récemment chuté en dessous de la barre des deux euros le litre pour la première fois depuis mars, un indicateur qui témoigne d’une tendance à la baisse.
Casbas observe que dès l’annonce d'un projet d'accord, le prix du baril a commencé à diminuer, perdant près de 10 dollars en une semaine, et a continué à descendre, ce qui signifie que "mécaniquement, les prix à la pompe vont continuer à baisser". Il précise néanmoins que les prix doivent s’ajuster rapidement, en écho à des remarques du ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, qui a déclaré sur France 2 que "il ne serait pas acceptable" que la diminution prenne trop de temps.
Un retour aux prix d'avant-guerre pas encore garanti
Cependant, il reste prudent quant à un retour à des prix d'avant-guerre. Casbas se montre vigilant face à l'évolution de la situation : "Cette baisse dépendra de la mise en œuvre opérationnelle de l'accord, du trafic maritime et de la demande globale". Les experts pointent également les incertitudes liées à la sécurité dans le Golfe, un facteur clé pour les acteurs du marché.
Pour les secteurs en amont, comme la plasturgie, Bibiane Barbaza, de Polyvia, espère que des réductions de coûts permettront de soutenir les entreprises fragilisées par la crise. "Normalement, nous allons profiter de baisses de prix sur nos matériaux", explique-t-elle, tout en avertissant sur la difficulté de revenir à des niveaux de prix antérieurs.
La crise a révélé des problèmes structurels dans le secteur pétrochimique européen. "L’érosion de la chimie en Europe nous rend plus dépendants des fluctuations mondiales", conclut-elle, pressant pour un changement significatif dans les mois à venir. Pour l'instant, l'avenir des prix des carburants reste à surveiller de près.







