L'Italie a annoncé qu'elle soutiendrait l'accord commercial entre l'Union européenne (UE) et les pays du Mercosur, un geste qui pourrait faciliter la ratification d'un traité longtemps controversé. Cette décision a été rapportée par l'agence Bloomberg, signifiant ainsi un changement significatif dans le paysage politique européen.
La Commission européenne, de son côté, a signalé des "progrès" dans les négociations entre les États membres, malgré l'opposition persistante d'une partie des agriculteurs européens. Paula Pinho, porte-parole de la Commission, a déclaré que l'UE était sur "la bonne route" pour finaliser cet accord, malgré la prudence entourant une date d'approbation.
Le président de la Commission, Ursula von der Leyen, doit obtenir le soutien des États membres à la majorité qualifiée avant d'engager davantage la signature de cet accord. Le traité, qui permettrait à l’UE d'exporter des voitures et des vins vers les marchés sud-américains, rend également plus facile l'importation de produits agricoles comme la viande et le soja en Europe, des mesures qui inquiètent déjà les agriculteurs français.
La France, qui a longtemps été un bastion d'opposition à cet accord, se retrouve donc de plus en plus isolée, notamment à cause de l'appui inattendu de l'Italie. Les agriculteurs français, pour leur part, continuent d'exprimer leurs préoccupations face aux défis que pose la concurrence des produits sud-américains. En réponse, le gouvernement français tente de désamorcer la colère en promettant un cadre réglementaire plus strict concernant les importations de produits contenant des pesticides interdits en Europe.
Selon David Dufour, expert en agronomie, "les inquiétudes des agriculteurs sont légitimes. L'accord pourrait favoriser des pratiques qui méprisent les normes environnementales que nous avons en Europe". En outre, la pression croissante pour la réforme de la Politique agricole commune (PAC) ne fait qu'ajouter à l'angoisse au sein du secteur agricole.
Une réunion entre diplomates européens aborde actuellement ce traité, avec des décisions cruciales en jeu. Alors que l'Espagne et l'Allemagne soutiennent vivement un accord qui pourrait relancer leurs économies respectives face à la compétitivité mondiale, l'achoppement persistant reste sur la tête d'affiche des craintes des agriculteurs.







