Alors que l’Union européenne semble sur le point de finaliser son accord commercial avec le Mercosur, la Commission européenne s'efforce, une dernière fois, de rassurer les agriculteurs en proie à des craintes croissantes. Une réunion ministérielle se tiendra à Bruxelles ce mercredi, face à une mobilisation agricole grandissante, notamment en France.
Dès le lendemain, Ursula von der Leyen a fait une annonce visant à apaiser les tensions, promettant une augmentation budgétaire de 45 milliards d'euros pour la future Politique agricole commune (PAC), qui devrait être allouée dès 2028. Cette démarche intervient à un moment critique, alors que l'UE envisage de ratifier son accord de libre-échange avec les pays d'Amérique latine, un projet qui suscite une opposition forte et organisée parmi les agriculteurs européens, en particulier en France, comme l'indique la FNSEA.
La contestation a pris de l'ampleur, avec des convois d'agriculteurs se dirigeant vers Paris et des rassemblements à l'échelle locale. Les agriculteurs expriment leurs préoccupations non seulement sur la concurrence accrue avec les pays du Mercosur, mais aussi sur la gestion d'une épizootie spécifique qui affecte leurs activités. Des représentants du secteur agricole soulignent que les inquiétudes persistent concernant l'équité des normes de production et les contrôles d'importation.
« La situation est préoccupante, et il est impératif que des garanties solides soient mises en place pour protéger les producteurs européens », a déclaré un porte-parole de la FNSEA.
Bruxelles entend poursuivre le processus de signature de l'accord, qui a déjà été retardé sous la pression de plusieurs États membres, dont la France et l'Italie. Cependant, de nouvelles assurances pourraient être nécessaires pour répondre aux préoccupations exprimées au sein de l'UE, notamment sur le financement de la PAC et le coût des engrais.
La dynamique semble évoluer, notamment du côté de l'Italie. Le gouvernement de Giorgia Meloni a exprimé son soutien à l'accord, saluant la rallonge budgétaire promise par Bruxelles comme une avancée significative. Ainsi, sans alliances supplémentaires, la minorité de blocage de la France, de la Pologne et de la Hongrie risque de ne pas suffire.
Face à la concurrence accrue sur le marché mondial, l’exécutif européen reste déterminé à renforcer ses partenariats commerciaux tout en assurant des mesures de protection pour certains produits agricoles. Des quotas limités pour les produits sud-américains sont prévus, afin d'atténuer les risques de déstabilisation du marché européen.
Par ailleurs, la question des pesticides demeure un sujet délicat. Les agriculteurs européens s’inquiètent de la possibilité que des produits concurrents contiennent des substances interdites en Europe. La Commission européenne est actuellement en train d’examiner ses règles sur les résidus de pesticides dans les produits importés, à la suite d’une décision récente du gouvernement français de suspendre certaines importations agricoles sud-américaines.
Alors que l'accord doit être ratifié par le Parlement européen après sa signature, les débats s'annoncent déjà houleux, dans un contexte où les agriculteurs restent vigilants sur l'impact que cet accord pourrait avoir sur leur avenir économique.







