La Bourse de Paris a clôturé en territoire négatif, mardi, en raison des tensions croissantes entre Bruxelles et Washington au sujet du Groenland. Cette incertitude a également été accentuée par l'attente d'un vote crucial sur le budget français.
L'indice phare, le CAC 40, a chuté de 0,61 %, se stabilisant à 8.062,58 points, soit une perte de 49,44 points. Ce recul fait suite à une précédente séance où l’indice avait déjà enregistré une chute significative de 1,78 %, représentant sa pire performance annuelle jusqu'à présent, avec une clôture à 8.112,02 points.
« L'inquiétude augmente sur les marchés financiers mondiaux, notamment avec l'escalade des tensions autour du Groenland », a commenté Alexandre Baradez, analyste chez IG France. Les tensions entre les États-Unis et l'Europe se sont intensifiées le week-end dernier, lorsque Donald Trump a menacé huit pays européens de nouvelles surtaxes douanières en raison de leur position sur ce territoire autonome sorti du Danemark.
En réponse à ces menaces, le Parlement européen a suspendu le processus de ratification de l'accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis, initialement convenu l'été dernier, mettant ainsi un coup d'arrêt à une collaboration escomptée.
Selon Vincent Juvyns d'ING, « la situation pourrait prendre diverses directions, mais il est indéniable que l'incertitude persistera dans les jours à venir ». Cette appréhension se reflète aussi dans le secteur du luxe, des entreprises qui considèrent les États-Unis comme un marché essentiel. À Paris, des poids lourds comme LVMH, Hermès et Kering ont vu leurs valeurs baisser, avec des pertes de 2,20 %, 1,18 % et 2,60 %, respectivement.
Le secteur automobile, également touché par la dépendance envers le marché américain, a subi des revers. Stellantis, par exemple, a enregistré une baisse de 1,69 %.
De plus, Donald Trump a émis des menaces concernant l'imposition de droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français. Cette décision a découragé les investisseurs malgré un léger rebond de certaines entreprises du secteur, comme Pernod Ricard qui a vu sa valeur augmenter de 1,09 %.
Un autre sujet brûlant reste le budget 2026 du pays, avec le gouvernement français engagé dans des débats à l'Assemblée nationale. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a mobilisé les outils de la démocratie pour passer en force, une manœuvre jugée risquée par certains. « L’adoption d’un budget pour la France serait certainement un soulagement pour les marchés, mais pour l’heure, l’intérêt des investisseurs internationaux reste limité », a affirmé Vincent Juvyns.
Enfin, sur le marché de la dette, le rendement de l'emprunt français a légèrement augmenté pour atteindre 3,53 %, contre 3,50 % la veille, reflet des inquiétudes omniprésentes.







