Les ports russes du golfe de Finlande sont en état d’alerte. Cette situation est la plus sévère observée depuis plus de quinze ans. D'après Alexandre Kolesov, météorologue en chef de Saint-Pétersbourg, la quasi-totalité de la superficie du golfe est désormais recouverte de glace, avec une épaisseur atteignant jusqu'à 25 centimètres. Le ministère russe des Transports prévoit que ce chiffre pourrait grimper à 30 à 40 centimètres dans les jours à venir.
Cette situation s'explique par des vagues de froid persistent et un vent faible, combinés à une eau peu salée, propice à la congélation.
Golfe de Finlande : à partir de 30 cm de glace, le trafic se grippe
Lorsque l’épaisseur atteint 30 centimètres, seuls les navires classés « classe glace » peuvent naviguer librement, tandis que les autres doivent être escortés par des brise-glaces. Cette contrainte a entraîné une congestion notable dans les ports russes, avec des délais d'attente pour les convois qui se sont allongés à cinq à sept jours, selon un rapport de Bloomberg.
Pour pallier cette situation, la flotte de brise-glaces de Russie a été mobilisée, et les ports de Primorsk et de Vysotsk sont en alerte maximale. Les autorités portuaires annoncent que tout navire non classé « classe glace » devra faire face à une immobilisation imminente.
Ports russes sous tension, brise-glaces mobilisés
Selon le quotidien économique Kommersant, les délais d'escorte pour les navires dépassent désormais douze heures. Des documents émanant de l'Association russe de l'acier expriment des inquiétudes quant à l'impact de ces perturbations sur les exportations métallurgiques.
"La pénurie de brise-glaces dans la Baltique nécessite des escortes prolongées, affectant gravement nos expéditions", a déclaré un représentant de l'association.
Un représentant du groupe Rusal s'est également manifesté en soulignant que les navires transportant de l’alumine, essentielle à la production d’aluminium, subissent des retards prolongés dans les ports.
Selon Kommersant, ces interruptions pourraient réduire la production à l'exportation pour des secteurs cruciaux, notamment ceux liés aux métaux et aux engrais minéraux.
Quand la glace bloque même les inspections sous-marines
Les conséquences s'étendent même aux aspects opérationnels les plus techniques. L'épaisseur de la glace compromet certaines inspections sous-marines, rendant certaines procédures presque impossibles, comme celles autour de l’île de Gogland.
En termes économiques, cette situation pourrait engendrer des surcoûts logistiques de l'ordre de 0,50 à 1,50 dollar par tonne expédiée. Pour le secteur charbonnier, les pertes pourraient atteindre plusieurs centaines de millions de dollars.
Le golfe de Finlande est crucial pour la Russie, représentant 40 % des exportations pétrolières maritimes. Le port de Primorsk, par exemple, a constaté une baisse de ses exportations à 490 000 barils par jour, soit une chute de 30 % par rapport à l'année précédente.
Nous n'avons pas vu une telle crise depuis 2010, lorsque plus de cent navires étaient bloqués dans les ports russes, attendant des brise-glaces pour libérer les routes maritimes. Les conséquences furent alors dramatiques : files d'attente interminables et coûts logistiques élevés qui pèsent sur l'économie.







