Lors d'une interview accordée à l'émission "11h/13h", Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et reconnu spécialiste de l'Iran, a fait le point sur la situation des otages français Cécile Kohler et Jacques Paris. Selon Coville, la libération de ces derniers pourrait dépendre de pourparlers directs avec le régime iranien. Il souligne que bien que des réticences subsistent, le dialogue est indispensable pour progresser dans cette affaire délicate.
Ce texte est inspiré d'une partie de l'interview mentionnée. Visionnez la vidéo pour l'intégralité des échanges.
France Info: Une prisonnière iranienne pourrait-elle servir de levier pour libérer nos otages si elle était relâchée ?
Thierry Coville: Absolument. Les gouvernements, y compris celui de la France, n'expriment pas toujours cette réalité, mais l'histoire montre que ce type d'échange n'est pas inédit dans les relations avec l'Iran.
Les négociations se déroulent-elles souvent au grand jour ? Comment interprétez-vous ce cas précis ?
Habituellement, ces négociations se font dans l'ombre. Toutefois, la situation actuelle est relativement transparente, notamment parce que l'arrestation de l'Iranienne est survenue dans un contexte de discussions déjà visibles. Dans le passé, on peut citer des cas comme celui de Clotilde Reiss, dont les négociations étaient moins connues du public.
Cela signifie-t-il que la France est engagée dans des discussions actives avec Téhéran ?
Il est clair qu'aucune avancée ne pourra être réalisée sans un dialogue direct avec Téhéran. Peu importe l'opinion que l'on peut avoir sur le gouvernement iranien, le but principal reste de parvenir à la libération des otages retenus.
Alors que Cécile Kohler et Jacques Paris sont libérés de prison, qu'est-ce qui empêche leur départ total ?
Les détails précis de l'accord entre la France et l'Iran restent flous. Ce qui est évident, c'est que leur sortie de prison a été négociée, mais leur libération complète est vraisemblablement conditionnée à la situation de cette Iranienne et à d'éventuelles décisions judiciaires.
Quel est le contexte géopolitique actuel, notamment en ce qui concerne les négociations entre l'Iran et les États-Unis ?
Les discussions à Genève sont une étape clé. Les Iraniens estiment qu'un accord, limité aux questions nucléaires, pourrait se dessiner. Les États-Unis souhaitent que le stock d'uranium enrichi soit transféré hors d'Iran, tandis que l'Iran propose de le diluer. Ce dialogue pourrait également inclure la levée de certaines sanctions, offrant des avantages économiques aux entreprises américaines, mais cela reste à confirmer.
Les États-Unis sont-ils prêts à abandonner les discussions sur la balistique pour se concentrer sur le nucléaire ?
C'est un point central. Les Iraniens montrent une certaine ouverture sur l'enrichissement d'uranium, mais ils refusent toute conversation sur la technologie des missiles. Ils considèrent leur programme balistique comme fondamental pour leur défense nationale.
Avec les tensions croissantes dans la région, est-il réaliste d'attendre des concessions de l'Iran ?
Les Iraniens, avec prudence, pourraient suspendre l'enrichissement d'uranium, cependant, la question des missiles et des implications régionale demeure un sujet de désaccord. La volonté de Donald Trump de parvenir à un accord pourrait peser sur les négociations à venir.
Ce texte est inspiré d'une partie de l'interview mentionnée. Visionnez la vidéo pour l'intégralité des échanges.







