Le mercredi 25 février, un incident maritime a eu lieu au large des côtes cubaines lorsqu'un bateau en provenance de Floride a été intercepté. À première vue, cet événement n'a pas abouti à une escalade des tensions diplomatiques avec Washington.
Cependant, la vraie nature de cette altercation reste sujette à interprétation : s'agit-il d'une initiative isolée ou d'une manœuvre dans une stratégie plus vaste ? Ce questionnement a émergé après la confrontation entre les gardes-côtes cubains et les occupants du hors-bord.
Les détails sont clairs. L'embarcation a été repérée à moins d'un mille nautique du canal d'El Pino, en dehors de Corralillo, une ville dans la province de Villa Clara. Des gardes-frontières cubains, en vérifiant l'identité des passagers, ont été pris pour cible, blessant un de leurs commandants, selon les déclarations du ministère de l'Intérieur cubain et des médias d'État.
Le bilan de cette confrontation fait état de la mort de quatre assaillants et de six autres blessés, qui ont tous reçu des soins médicaux après l'incident. Cependant, les motivations de ce groupe armé, qui a agi presque comme s'il s'agissait d'une mission-suicide, sont demeurées floues. La Havane a qualifié cette tentative d’infiltration de « fins terroristes », soulignant la saisie d'un arsenal impressionnant comprenant des fusils d'assaut, des explosives artisanales, ainsi que des uniformes de camouflage.
« Nous serons prêts à réagir en conséquence »
Les autorités précisent que les membres du groupe armé étaient principalement des Cubains vivant aux États-Unis, dont plusieurs ont un passé criminel connu. Parmi eux, deux sont sur une liste nationale recherchée pour des actes violents. En outre, un ressortissant cubain, supposé coordinateur de l'infiltration, a été arrêté et a avoué son rôle.
Du côté des États-Unis, la réaction initiale a été marquée par la retenue. Marco Rubio a clairement nié toute implication directe du gouvernement américain dans cet incident, tout en affirmant suivre la situation de près. « Nous serons prêts à réagir en conséquence », a-t-il déclaré lors d’une rencontre de la Communauté caribéenne.
Ce climat de tension survient alors que les relations entre Cuba et les États-Unis se sont détériorées ces dernières semaines, alimentées par la pression américaine sur le Venezuela pour qu’il cesse de livrer du pétrole à Cuba, une source de ressources essentielle pour l'île.
Les politiques anticastristes, toujours puissantes en Floride, renforcent les menaces formulées par des figures telles que Donald Trump et Marco Rubio, qui suggèrent que la fin du régime cubain est proche. Cette pression est exacerbée par l’augmentation du nombre de réfugiés cubains aux États-Unis, estimés à 500 000 entre 2022 et 2024.
Des restrictions importantes
Le jour même de l'interception, ladministration Trump a décidé d'assouplir certaines restrictions sur les exportations de pétrole vers Cuba, permettant au secteur privé cubain d'accéder à des ressources, à condition que ces transactions ne profitent pas au gouvernement. Marco Rubio a averti que toute contravention pourrait entraîner un retour aux anciennes restrictions.
Le New York Times révèle que l’administration Trump craint une « migration massive desde Cuba » en cas de crise humanitaire. Ainsi, la prudence domine dans la réaction de l'administration, évitant de se servir de cet incident pour exacerber les tensions. La situation reste à suivre de près, tant la situation pourrait évoluer rapidement dans ce contexte déjà complexe.







