La France, actuellement à la présidence du G7, annonce une réunion imminente des ministres des Finances, programmée pour "début de la semaine prochaine". Cette initiative répond à la nécessité d'évaluer les réponses possibles face à la escalade du conflit au Moyen-Orient.
Roland Lescure, ministre de l'Économie et des Finances, a déclaré lors d'un entretien sur Franceinfo qu'il avait échangé avec plusieurs homologues, y compris Scott Bessent, le secrétaire d'État au Trésor américain, pour organiser cette rencontre.
"Nous voulons donner une semaine aux événements pour voir comment le conflit évolue, ainsi que son impact sur les marchés", a précisé Lescure, qui maintient des contacts réguliers avec ses collègues. Les discussions lors de cette réunion se concentreront sur les retours d'information des marchés et des entreprises, d'après les expertises des participants venant du Japon, des États-Unis et de l'Europe.
Le ministre a souligné l'importance de la coordination entre les pays du G7, face à un conflit local aux implications globales. Adopter une approche collaborative est essentiel pour faire face à une situation aussi complexe.
La présidence française du G7, incluant des nations comme les États-Unis, le Japon, le Canada, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie, a déjà permis un premier échange virtuel en janvier dernier, marqué par des discussions sur les déséquilibres macroéconomiques mondiaux.
Pas de krach boursier
La pression des événements récents a conduit à une anticipation d'échanges rapides et adaptatifs, alors qu'une autre réunion est planifiée pour mi-mai à Paris, mais les impacts immédiats de la guerre, qui entre dans son cinquième jour, nécessitent une action rapide.
Cette escalade au Moyen-Orient a déjà suscité des chocs sur les prix de l'énergie et a déclenché une forte baisse des marchés boursiers, notamment en Europe et en Asie. Le CAC 40 a chuté de plus de 5%, tandis que le Dax a enregistré une baisse de près de 6% et le FTSE 100 de Londres près de 4%.
"Nous ne sommes pas dans un krach boursier", a tenté de rassurer Lescure, tout en appelant à la prudence. Les investisseurs restent inquiets par la flambée des prix des hydrocarbures, liée aux perturbations dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 20% des ressources énergétiques mondiales.
Une crainte palpable d'un regain d'inflation traverse les marchés, rappelant les hausses précédentes survenues après le début de la guerre en Ukraine l'an dernier. La tension sur les prix du pétrole et du gaz a redoublé d'intensité.
Dans une allocution du président Emmanuel Macron, le porte-avions Charles de Gaulle, accompagné de moyens aériens et maritimes, sera déployé pour protéger les intérêts français dans la région, face à la réponse iranienne aux frappes israélo-américaines.
Donald Trump, président des États-Unis, a affirmé que la marine américaine pourrait escorter des tankers si nécessaire, une mesure déjà vue par certains investisseurs comme un soutien potentiel pour stabiliser les marchés. De son côté, le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé aux États-Unis le souhait d'une résolution rapide du conflit, en soulignant son impact dévastateur sur les économies, notamment les prix de l'énergie.







