La présidence française du G7 se mobilise rapidement face à l'escalade de tensions au Moyen-Orient. Une réunion des ministres des Finances de ces sept grandes économies est prévue "probablement en début de semaine prochaine". Cette initiative vise à évaluer les mesures nécessaires pour faire face aux impacts économiques de ce conflit, comme l’a indiqué le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, lors de son intervention sur Franceinfo.
"J'ai échangé avec plusieurs partenaires, y compris le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, et nous avons convenu d'organiser cette réunion", a affirmé Lescure. En surveillant l'évolution du conflit et ses conséquences sur les marchés, il reste en contact régulier avec ses homologues internationaux. "Nous voulons observer cette situation pendant une semaine pour mieux appréhender son impact".
La France assure la présidence du G7 cette année, rassemblant les États-Unis, le Japon, le Canada, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie. Bien qu'une première réunion en visioconférence ait eu lieu en janvier, les récents événements nécessitent une adaptation rapide des membres face à la guerre qui perdure depuis cinq jours.
Ducrozet, chef économiste chez Pictet, souligne que le rôle des ministres des Finances consiste à se préparer à toute intervention pour stabiliser les marchés. "Un communiqué sera probablement émis pour évoquer cette situation, comme lors de crises géopolitiques précédentes." Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a appelé à la prudence en réaction à l'augmentation des prix des hydrocarbures, la qualifiant potentiellement de "temporaire".
Les tensions au Moyen-Orient ont déjà engendré des fluctuations sur le marché de l'énergie, avec une baisse notoire des actions en Europe et en Asie. Toutefois, Lescure insiste sur le fait que "ce n'est pas un krach boursier" et il exhorte à garder son calme malgré les appréhensions concernant un possible choc sur l'approvisionnement pétrolier via le détroit d'Ormuz.
Les inquiétudes s'accroissent également face à une éventuelle flambée de l'inflation, rappelant la volatilité provoquée par la guerre en Ukraine en 2022. Cependant, Villeroy de Galhau rappelle que "2026 n'est pas 2022", une affirmation qui plaide pour une approche différenciée cette fois-ci.
Les enjeux au sein du G7 sont exacerbés par des intérêts parfois divergents. Guntram Wolff, de l'institut Bruegel, analyse que les États-Unis pourraient chercher à renforcer leur position sur les marchés de l'énergie fossile, ce qui rend la coopération plus complexe entre l'Europe et les États-Unis. "Les Américains semblent effectivement plus avantagés pour le moment, alors que les Européens dépendent fortement des importations énergétiques", observe Ducrozet.
En réponse à ces tensions, Emmanuel Macron a annoncé le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle et d'une force militaire pour soutenir les intérêts français et nos alliés dans la région. De son côté, Donald Trump a mentionné que la marine américaine serait prête à escorter des pétroliers à travers le détroit d'Ormuz, en cas de besoin.
Enfin, le chancelier allemand Friedrich Merz, en visite à la Maison Blanche, a exprimé son souhait de voir ce conflit résolu au plus vite, conscient des implications économiques pour l’Europe.







