La crise énergétique en Asie du Sud s'intensifie avec des impacts dramatiques. Le détroit d'Ormuz, crucial pour le transit du gaz et du pétrole, est paralysé, entraînant une onde de choc à travers la région. Le Financial Times rapporte que l'Inde a stoppé l'utilisation du gaz dans les crématoriums pour les rites funéraires, tandis que les restaurants éliminent les fritures de leurs menus. Au Pakistan, les fonctionnaires sont désormais en horaires réduits, et au Bangladesh, les établissements universitaires ferment leurs portes.
Vols et flambée des prix
Dans un contexte de rareté, le Premier ministre indien Narendra Modi a exhorté la population à "ne pas céder à la panique". Malgré ses efforts, la réalité montre une montée inquiétante des prix : des témoignages de hausses excessives se multiplient, et beaucoup se précipitent pour acquérir des bouteilles de GPL devenues rarissimes. Shehbaz Sharif, son homologue pakistanais, a alerté que "si la situation continue de se détériorer, les prix deviendront incontrôlables".
Au Bangladesh, le Premier ministre a opté pour une réduction de l'éclairage dans son bureau, affirmant que l'austérité devrait devenir la norme dans tout le pays.
La crise a également incité l'Inde et le Pakistan à collaborer pour faciliter le passage de navires transportant du GPL dans le détroit d'Ormuz.
Des hôtels de Bombay au bord de la fermeture
En tant que second importateur mondial de GPL, l'Inde tire l'essentiel de ses approvisionnements des Émirats, du Koweït, du Qatar et de l'Arabie saoudite. Dans un contexte d'urgence énergétique, le pays autorise l'utilisation de combustibles plus polluants. L'Association des hôtels et restaurants de l'Inde a déjà averti que jusqu'à la moitié des hôtels de Bombay pourraient fermer si la situation ne s'améliore pas, tandis qu'un cinquième d'entre eux a déjà cessé ses activités. Le président de l'association, Vijay Shetty, a déclaré : "Nous conseillons à nos 500 000 membres de réduire leur temps d'ouverture et d'éviter les plats cuisinés nécessitant une cuisson prolongée."
Des mesures d'urgence en cascade
Les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL), cruciales pour l'industrie, connaissent également des interruptions. Selon un rapport de Wood Mackenzie, le Bangladesh dépend principalement du Qatar et des Émirats pour ses importations de GNL. "Le choc d'approvisionnement a entraîné un rationnement généralisé du gaz dans toute l'économie", a commenté Akshay Gupta, analyste de l'agence.
Au Pakistan, le gouvernement a décidé de fermer les écoles jusqu'à la fin du mois et d'instaurer une semaine de travail de quatre jours pour réduire la consommation d'énergie.
En somme, cette situation délicate met en lumière les interdépendances énergétiques de la région, où les ménages et petites entreprises peinent à s'approvisionner en énergie, avec des conséquences directes sur la vie quotidienne des populations.







