La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé, sans surprise, de maintenir ses taux d'intérêt lors de son dernier comité de politique monétaire. Cette décision s'inscrit dans un contexte d'incertitude économique, exacerbée par les récentes tensions au Moyen-Orient.
Les taux directeurs se fixent donc entre 3,50 % et 3,75 %, niveau inchangé depuis décembre dernier. Une situation qui n'est pas du goût de Donald Trump, qui plaide régulièrement pour une réduction des taux afin d'alléger les coûts d'emprunt pour les ménages et l'État. Sur sa plateforme Truth Social, il s'interrogeait : "Quand la Fed va-t-elle enfin baisser les taux ?".
Les économistes avertissent cependant que l'escalade des conflits dans la région pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l'économie américaine, poussant l'inflation vers de nouveaux sommets et freinant la croissance. Dans son communiqué, la Fed a fait état des implications économiques incertaines liées aux événements au Moyen-Orient.
Au cours de cette réunion, la Banque centrale a révisé ses prévisions économiques pour la première fois depuis plusieurs mois. Les projections indiquent une stagnation des progrès en matière d'inflation cette année, avec une prévision de hausse de 2,7 % d'ici fin 2026, contre 2,4 % précédemment envisagés.
Malgré ces inquiétudes, la prévision de croissance économique a été légèrement ajustée à la hausse, passant de 2,3 % à 2,4 %. Le taux de chômage, quant à lui, devrait rester stable à 4,4 %.
Concernant la politique monétaire, les experts estiment qu'une seule baisse des taux pourrait se dessiner cette année, avec un ajustement potentiel d'un quart de point. Ce consensus a été largement soutenu, avec onze des douze responsables votant pour le maintien des taux. Seul le gouverneur Stephen Miran a plaidé pour une réduction immédiate.
Jérôme Powell, président de la Fed, devrait s'exprimer à 18h30 GMT, et les observateurs s'attendent à ce qu'il évoque une stratégie d'attente face à la volatilité économique actuelle.
La situation géopolitique, marquée par les frappes israélo-américaines en Iran depuis fin février, engendre des fluctuations immédiates sur les marchés, notamment en matière de prix de l'énergie.
À l'international, la Banque centrale australienne a décidé d’augmenter son taux directeur en réponse à la flambée des coûts de l'énergie, tandis que la Banque canadienne, lors de sa réunion juste avant la Fed, a exprimé des préoccupations quant à la volatilité des marchés énergétiques.
Depuis cinq ans, l'inflation aux États-Unis ne parvient pas à retrouver l'objectif fixé par la Fed (2 %). Les analystes de la banque ING soulignent l'importance pour la Fed de maintenir sa crédibilité face à une inflation persistante.
Donald Trump estime que les conséquences sur les prix de l'énergie seront temporaires, mais l'augmentation des prix à la pompe suscite des préoccupations au sein de l'exécutif. Pour atténuer cette pression, des mesures temporaires ont été mises en place, y compris une suspension de lois interdisant le transport de carburant par des navires non américains.







