Les investisseurs ont été pris de court mercredi par la montée des tensions au Moyen-Orient, entraînant une flambée des prix du pétrole et une baisse des marchés boursiers, mettant un terme à une récente tendance favorable.
Selon Steve Sosnick d'Interactive Brokers, "actuellement, rien ne semble pouvoir redresser" les marchés face à cette situation préoccupante.
Patrick O'Hare de Briefing.com souligne que "les variations des prix du pétrole continuent d'engendrer une forte volatilité sur les marchés", un phénomène qu'on a pu observer cette fois encore.
Le prix du Brent, référence mondiale, a connu une hausse spectaculaire de plus de 5% après une attaque visant des infrastructures énergétiques clés en Iran. En revanche, le prix du WTI, généralement moins cher, a légèrement augmenté de 0,11% à 96,32 dollars.
Cette frappe a également eu un impact direct sur le marché du gaz, qui a vu son prix grimper de 6,18% à 54,7 euros le mégawattheure, selon le contrat à terme TTF, reconnu en Europe.
Kathleen Brooks, responsable de la recherche chez XTB, a décrit la situation actuelle des marchés comme étant un "retour à l'état de panique".
L'attaque, qui a été largement condamnée par le Qatar et les Émirats arabes unis, alliés des États-Unis, est considérée par Charlotte de Montpellier de la Banque ING comme "un changement fondamental" qui pourrait entraîner des représailles.
Après avoir connu deux jours de hausse, les marchés boursiers ont amorcé une forte chute. Ainsi, à Paris, l'indice a perdu 0,06%, tandis que à Francfort et Londres, les pertes se sont élevées respectivement à 0,96% et 0,94%. A New York, le Dow Jones a chuté de 1,63%, et le S&P 500 a cédé 1,36%.
Sur le front de la dette, les rendements des emprunts d'État ont fortement augmenté. Le rendement des obligations à dix ans des États-Unis a grimpé à 4,27%, et celui de la France a atteint 3,60%. Le taux italien, pour sa part, a explosé à 3,73%.
En ce qui concerne les décisions monétaires, la Réserve fédérale américaine a choisi de maintenir ses taux d'intérêt à un niveau constant pour la deuxième fois consécutive. Jerome Powell, le président de la Fed, a admis qu'il est encore "trop tôt pour anticiper les conséquences du conflit sur l'économie". Cependant, il a reconnu que la montée des prix de l'énergie pourrait tirer l'inflation vers le haut, avec des prévisions désormais fixées à 2,7% d'ici fin 2026.
La Banque centrale européenne (BCE) devrait également s'abstenir de modifier ses taux devant la menace d'une inflation croissante due à la flambée des prix du pétrole. Fawad Razaqzada, analyste chez FOREX.com, a noté que "la BCE doit composer avec des préoccupations relatives à la croissance économique".
Enfin, la Banque centrale du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25%, tout en surveillant de près l'évolution de l'inflation résultant de l'augmentation des coûts de l'énergie.







