La Réserve fédérale américaine (Fed) a signalé mercredi que les avancées en matière de contrôle de l'inflation aux États-Unis pourraient être ralenties en raison de la guerre au Moyen-Orient.
À l'issue de deux jours de réunion, la banque centrale a décidé de maintenir ses taux d'intérêt stables, oscillant entre 3,50 % et 3,75 % depuis décembre.
Cependant, la Fed a ajusté ses prévisions concernant l'inflation, anticipant une hausse des prix de 2,7 % d'ici fin 2026, contre 2,4 % prévu avant l'éclatement du conflit.
Selon les dernières données officielles, l'inflation était de 2,8 % en janvier. Jerome Powell, président de la Fed, a indiqué lors d'une conférence de presse que la guerre au Moyen-Orient et l'augmentation des prix de l'énergie aggravent l'inflation à court terme.
La Fed reste consciente du fait que l'inflation aux États-Unis a dépassé son objectif de 2 % pendant les cinq dernières années, une situation exacerbée par divers chocs économiques tels que la pandémie de Covid-19 et les tensions commerciales liées à l'ère Trump.
Toutefois, Powell a mis en garde contre les conclusions hâtives, affirmant que les répercussions du conflit sur l'économie américaine demeurent incertaines.
Concernant les taux, la réunion a révélé un consensus parmi les responsables de la Fed, onze sur douze ayant voté pour le statu quo. Le seul dissentiment provenait du gouverneur Stephen Miran, qui a plaidé pour une réduction des taux d'un quart de point.
La majorité des décideurs monétaires semblent envisager une seule diminution des taux cette année, sans aucune hausse prévue, comme l'indique un compte-rendu anonyme de la réunion.
Cette inertie ne satisfait pas Donald Trump, qui appelle à une politique monétaire plus accommodante pour alléger le fardeau d'emprunt des Américains et de l'État fédéral. "Quand Powell baissera-t-il les taux ?" déclarait-il sur sa plateforme Truth Social avant la décision.
Trump estime que l'impact du conflit sur les coûts énergétiques sera temporaire. Pendant ce temps, l'administration américaine a annoncé plusieurs mesures pour contenir la hausse des prix à la pompe, y compris une suspension de 60 jours d'une loi empêchant le transport de carburant par des navires non américains.
Lors de la conférence de presse, Powell a également pris le temps d'aborder sa propre situation et a assuré qu'il ne quitterait pas ses fonctions tant que les enquêtes à son encontre ne seraient pas complètement résolues. Ce commentaire fait référence à une initiative d'un procureur proche de Trump concernant des dépenses liées à des travaux de rénovation au siège de la Fed.
Cette démarche a été interprétée par certains, y compris des membres du parti présidentiel, comme une atteinte à l'indépendance de la banque centrale. Le mandat de Powell prend fin en mai, mais il pourrait rester en poste si la désignation de son successeur, Kevin Warsh, venait à être bloquée au Sénat.







