Une surprise réjouissante pour Bercy. Le déficit public de la France a été moins élevé que prévu en 2025, atteignant 5,1% du produit intérieur brut, contre une prévision fixée à 5,4%, selon les données révélées ce vendredi par l'Insee.
"Les recettes ont connu une accélération en 2025, avec une hausse de 3,9%, après +3,2 % en 2024", note l'institut de la statistique. En particulier, "les impôts sur le revenu et le patrimoine ont augmenté de 6,6% en 2025". En revanche, "les dépenses ont ralenti, augmentant de 2,5% en euros courants, après +4,0% en 2024". Bien qu'en valeur elles dépassent celles du PIB (2,0%), leur croissance en volume a tout de même progressé de 0,9%.
Cette amélioration permet de faire baisser le ratio de la dette publique, qui est tombé à 115,6% du PIB à la fin de 2025, soit 1,6 point en moins par rapport à septembre dernier.
David Amiel, ministre des Comptes publics, a exprimé sa satisfaction sur TF1 : "C’est une excellente nouvelle. En 2024, le déficit était de 5,8%, le budget prévoyait une réduction à 5,4%, et l'on voit que les résultats dépassent nos attentes. Cela signifie une diminution de la charge de remboursement future et prouve que nos efforts portent leurs fruits. Cependant, 5,1% reste encore élevé".
Objectif 5% pour 2026
Ces chiffres donneront lieu à une réunion matinale à Bercy, présidée par le Premier ministre. Sébastien Lecornu en profitera pour engager les premières réflexions sur le budget 2026, moins de deux mois après son adoption.
Les discussions s’annoncent tendues à l’approche des élections présidentielles, le gouvernement étant soumis à une forte pression pour réduire un déficit public jugé le plus élevé de la zone euro, suscitant l'inquiétude des marchés financiers.
L’objectif est de ramener le déficit à 5% en 2026, avec l’intention de repasser sous le seuil de 3% d'ici 2029.
Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade, souligne que le chiffre meilleur que prévu pour 2025 "rendent la cible de 2026 réalisable", bien que cela dépende de l'évolution géopolitique au Moyen-Orient.
Quel impact de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques ?
Une incertitude majeure pèse sur les finances publiques : la guerre au Moyen-Orient et son impact sur la croissance. Selon Maxime Darmet, les obstacles liés à ce conflit pourraient influencer le déficit en 2026. François Ecalle, expert en finances publiques, avertit que le scénario de 5% pour 2026 n'est pas garanti, car les chocs liés à l'énergie pourraient peser plus lourd que les améliorations constatées.
L'Insee a également revu à la baisse ses prévisions de croissance, passant à 0,2% du PIB pour le premier et le deuxième trimestres, en raison de la hausse des prix des hydrocarbures. Les mesures de soutien au pouvoir d'achat limitent actuellement le gouvernement, qui se concentre sur l'aide aux secteurs les plus éprouvés par la hausse des coûts de l'énergie, tels que l'agriculture et le transport.







