Le tribunal des affaires économiques de Marseille a pris la décision tragique de liquider l’enseigne Alinea, en refusant l'unique offre de reprise d'un groupe roumain, SDC. Cette décision entraîne la suppression de 1200 postes, marquant un tournant difficile pour le secteur de l'ameublement.
La situation d'Alinea, qui était sous procédure de redressement judiciaire depuis le 20 novembre, a pris une tournure critique. Le 5 mars, une offre en provenance de SDC avait été présentée, promettant de maintenir la moitié des emplois et 20 des 36 magasins. Toutefois, cette proposition a été jugée « irrecevable » par la direction de l'enseigne, laissant des milliers de travailleurs dans l'incertitude.
Lors de l’audience de ce mardi, plusieurs entreprises, dont Ikea et Leroy Merlin, ont manifesté leur intérêt pour des magasins à la marge, mais leurs propositions n'ont pas suffi. Les offres, bien que sympathiques, n'avaient pas la portée nécessaire pour faire pencher la balance.
47 millions d’euros de pertes en 2024
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : Alinea a enregistré 47 millions d’euros de pertes pour l’exercice 2024, avec un chiffre d’affaires se chiffrant à 162 millions d’euros. La marque, fondée en 1988 à Avignon et faisant partie du groupe Mulliez, avait déjà subi un premier redressement judiciaire en 2020, entraînant la perte de 17 magasins et près de 1000 emplois.
Ce nouvel effondrement soulève des questions quant à l'avenir des autres enseignes du groupe et du secteur en général. Pour l'économiste Claude Michau, « la liquidation d'Alinea pourrait créer un précédent inquiétant et inciter les consommateurs à revoir leurs préférences en termes de mobilier ». La fermeture de cette enseigne emblématique ne laisse pas indifférents les acteurs du secteur, qui scrutent les conséquences de cette décision, tant sur le plan économique que social.







