Le célèbre scientifique en intelligence artificielle, Song-Chun Zhu, a laissé derrière lui les États-Unis en 2020 pour diriger le Beijing Institute for General Artificial Intelligence (BIGAI), une institution fondée spécialement pour lui. Ce départ symbolise une tendance plus large; de nombreux chercheurs quittent les États-Unis, attirés par la promesse de financements plus généreux en Chine.
Pour dominer le marché mondial de l'IA, qui pourrait atteindre 1.000 milliards de dollars d'ici 2030, la Chine a engagé une stratégie de recrutement internationale ambitieuse, avec des salaires compétitifs et des conditions de travail attractives. D'après un rapport du *Australian Strategic Policy Institute*, la Chine est désormais le leader dans 57 des 64 technologies jugées essentielles à l’innovation.
Des coupes budgétaires aux conséquences désastreuses
La politique de Donald Trump en matière de science a provoqué une saignée dans le milieu académique. Des milliers de docteurs en sciences ont quitté leurs postes dans le secteur public, affaiblissant ainsi des domaines cruciaux comme l'informatique et la biomédecine. Selon un article du magazine *The Atlantic*, cette dégradation représente "une destruction sans précédent du système scientifique américain".
Les coupes dans les financements ont été dévastatrices, avec des projets de recherche vitaux mis en pause, y compris des initiatives sur des vaccins prometteurs. La surveillance accrue des projets et les restrictions sur les visas pour les chercheurs étrangers ont également exacerbé les difficultés pour les institutions américaines.
En revanche, cette instabilité est perçue comme une opportunité par les universités chinoises. « C'est un cadeau de Trump », déclare Yu Xie, professeur à Princeton en rapport avec ses visites récentes en Chine, où il a constaté un afflux de chercheurs américains bien formés.
La Chine vise le sommet
La montée en puissance de la Chine dans la recherche scientifique ne se limite pas à l'attraction de talents étrangers. Les investissements colossaux dans la recherche et le développement, qui ont explosé à plus de 800 milliards de dollars par an, en font le principal concurrent des États-Unis. Une étude prédit qu'en suivant un rythme d'augmentation de 7 % par an, la Chine pourrait surpasser les États-Unis en matière de dépenses publiques en recherche d'ici 2029.
« Si la Chine finit par dépasser les États-Unis, ce ne sera pas à travers une annonce fracassante », avertit *The Atlantic*. En effet, le basculement pourrait se faire dans le silence, avec des implications qui se ressentiront pour des générations.
La dynamique actuelle soulève des questions cruciales sur la compétitivité scientifique et technologique, tant pour les États-Unis que pour la Chine. Alors que l'ère de l'hégémonie américaine semble vaciller, il devient essentiel de s'interroger sur le futur de la science et de la recherche, tant sur le plan national qu'international.







