Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a exprimé ses « préoccupations majeures » lors d'une interview sur ICI Normandie, à l'approche d'un congrès crucial à Caen. Il a soulevé les « problèmes conjoncturels » relatifs à l'approvisionnement en carburant pour les tracteurs et à l'augmentation des prix des engrais, qui ont grimpé en flèche avec la guerre au Moyen-Orient.
Les inquiétudes vont au-delà du simple aspect économique. « Les agriculteurs sont très inquiets pour l’avenir de leur métier en France », a déclaré Rousseau, pointant du doigt l'absence de vision stratégique tant au niveau européen que national. Il a insisté sur la nécessité de penser à ce que nous allons proposer dans les assiettes des futurs consommateurs dans dix ans. Cette crise de confiance s'ajoute aux déboires liés à la dermatose nodulaire contagieuse.
Malgré ces défis, il a tenu à rappeler que « tout ne va pas mal » dans le secteur. En ce qui concerne le prix du lait, il a mentionné que 2025 pourrait être une année « plutôt correcte », tout en s'inquiétant du « renouvellement des générations » dans un métier qu'il décrit comme « passionnant », mais parfois ingrat.
Durant le congrès, qui se déroulera sur trois jours, la FNSEA entend faire adopter des propositions auprès des candidats à la présidentielle pour faire face à « la situation extrêmement tendue que vivent les agriculteurs ». Rousseau souligne que, en plus de dénoncer les difficultés, il est crucial de « proposer des solutions » concrètes et une simplification des réglementations.
L’Alliance écologique et sociale a prévu une marche pour l’agriculture paysanne à Caen, en accusant le secteur de pratiquer un « lobbying » et d’être soumis à une « mainmise sur les institutions agricoles ». Rousseau a rétorqué à ces accusations en affirmant que « la majorité des agriculteurs en France sont issus de familles d'exploitants » et mettent un point d'honneur à produire une alimentation de qualité.
Concernant l’utilisation des pesticides, il a expliqué que les réglementations strictes de la France ne font que favoriser les importations de produits dangereux pour la santé publique.
Au terme de ces débats, le congrès de la FNSEA connaîtra l'élection d'un président, avec Rousseau comme seul candidat, en vue de tracer un futur meilleur pour l'agriculture française.







