À quelques jours de la publication d'une nouvelle carte scolaire pour 2026-2027 en Indre-et-Loire, les mobilisations se multiplient dans le sud de la Touraine. Ce lundi 30 mars, environ soixante parents et élus ont occupé la cour du regroupement pédagogique intercommunal (RPI) de Saint-Épain, où les enfants des villages de Saint-Épain et Neuil sont scolarisés.
Cette classe, issue de l'ouverture d'une école en septembre dernier, pourrait être fermée en juin à cause d'une baisse prévue des effectifs. En effet, l'inspection académique prévoit un nombre d'élèves insuffisant pour maintenir la classe, passant de 118 à 116 élèves. Selon Julie Bourgueil, mère d'une élève : "Nous avons étudié les tendances de naissances et nous nous attendons à un retour à 122 élèves dès l'année scolaire 2027-2028. Il est inacceptable de fermer cette classe". Cette situation fait écho aux inquiétudes de beaucoup parents concernant la qualité de l'enseignement dans des classes surchargées.
Actuellement, 24 élèves sont répartis par classe, et une fermeture signifierait une augmentation des effectifs dans les autres classes, pouvant mener à des situations d'enseignement multi-niveaux complexes. Un parent souligne : "L'enseignement ici est de qualité, mais nous risquons de compromettre l'avenir de nos enfants en raison de simples chiffres". Une autre mère fait écho à ces craintes, déclarant que des classes comme CE1-CE2-CM1 sont quasiment impossibles à gérer.
Les maires des deux villages concernés, Florence Boullier pour Saint-Épain et Nathalie Sennegond pour Neuil, se montrent également préoccupés. Boullier mentionne que l'ouverture de la classe a nécessité des investissements, environ 2 000 euros, pour réaménager et équiper l'école. "L'école est un facteur d'attractivité pour notre milieu rural, et nos élèves ne doivent pas être considérés comme de simples chiffres," a-t-elle ajouté.
Depuis l'établissement de ce regroupement pédagogique en 2024, 16 enfants de Neuil doivent faire le trajet jusqu'à Saint-Épain, à seulement quatre kilomètres. Pour Sennegond, "nous sommes utilisés comme des pions pour l'Académie. Lors de la fermeture de notre école il y a deux ans, nos voix n'ont pas été entendues. Nous nous retrouvons pris au piège dans cette situation injuste."
En moins d'une semaine, une pétition a circulé et recueilli les signatures de plus d'un quart des habitants des deux villages, témoignant d'un réel désarroi face à cette menace de fermeture prévue. Mobilisés et inquiets pour l'avenir scolaire de leurs enfants, les habitants de Saint-Épain et Neuil espèrent faire entendre leur voix et préserver leur école attrayante dans le milieu rural.







