Le 10 avril, lors de sa niche parlementaire, le groupe Renaissance pourrait proposer une loi visant à permettre le travail de 1,5 million de salariés le 1er mai, tout en soutenant l'ouverture des boulangeries tous les jours de la semaine.
Cela fait écho à une volonté politique d'anticipation, surtout avec le scrutin présidentiel prévu dans un an. La commission des Affaires sociales se penchera sur cette proposition de loi (PPL) ce mercredi 1er avril. Jean-Marie Fiévet, député des Deux-Sèvres, justifie l'initiative en mettant en avant la nécessité d'adapter les boulangeries aux nouvelles habitudes de consommation : « Activités de proximité par excellence, elles répondent à une demande de consommation régulière, qui s'exprime tout au long de la semaine, y compris le dimanche. »
Ce texte vient abroger ce que Fiévet décrit comme un « verrou administratif d'un autre temps ». Bien que la législation actuelle n'interdit pas l'ouverture des boulangeries tous les jours, des arrêtés préfectoraux imposent la fermeture un jour par semaine dans 54 départements, créant ainsi un « régime à deux vitesses ».
Cependant, l'initiative suscite des controverses. Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT, remarque que cette PPL avantagerait « les grands groupes agroalimentaires », arguant que le gouvernement privilégie les intérêts des entreprises au détriment des employés. « L'extrême droite prospère sur la disparition des commerces de proximité ainsi que des services publics, » ajoute-t-il.
Travailler le 1er mai : une question sensible
En parallèle, le groupe macroniste a également intégré dans sa niche une proposition de loi de LR visant à autoriser le travail le 1er mai pour certains secteurs, y compris les commerces de proximité. Cette mesure, déjà adoptée au Sénat, rencontre une vive opposition de la part des syndicats et de la gauche, qui alertent sur les dangers d'un tel processus. Ces changements pourraient toucher près de 1,5 million de salariés, dont des boulangers, bouchers et même des travailleurs du secteur culturel dès 2026.
Vacheron met en garde sur le risque de détricotage du jour férié, soulignant les implications de telles réformes qui semblent pavées de bonnes intentions, mais qui relèvent plutôt d'une logique économique. « Grâce aux mobilisations de la rentrée 2025, l'exécutif a dû reculer sur certaines propositions visant à supprimer des jours fériés, mais il est clair que des efforts se poursuivent pour annuler nos acquis sociaux, » conclut-il.
Cette PPL, qui devrait bénéficier d'un soutien, y compris du Rassemblement National, est vivement critiquée par les syndicats, qui appellent à une mobilisation. La CGT invite également les citoyens à interpeller leurs parlementaires sur la plateforme alloparlement.fr afin de préserver les droits des travailleurs.







