Quatre jours après une agression à caractère homophobe et transphobe, Melvyn et Naomi, deux des trois victimes, sont sortis de leur silence pour raconter cette nuit tragique. Lors d'un conseil municipal, le maire de Nancy, Mathieu Klein, a dénoncé cet acte violent, confirmant ainsi les déclarations des victimes.
Ce vendredi soir avait commencé comme une simple sortie entre amis, mais il s'est rapidement transformé en cauchemar. À 3h du matin, alors qu'ils quittaient une boîte de nuit, Melvyn, 23 ans, se rappelle : "Nous avons d'abord été abordés par deux individus qui draguaient lourdement mes amis. On a ignoré leurs avances, mais ils ont réagi en proférant des insultes homophobes."
En s'approchant de la place Vaudémont, Melvyn a été violemment attaqué par un groupe d'environ dix personnes. "J'ai cru perdre la vie," raconte-t-il, visiblement encore sous le choc. Naomi, une figure locale influente sur les réseaux sociaux, a tenté de défendre son ami, mais elle a également été ciblée : "J'ai reçu un coup au visage et j'ai perdu connaissance," dit-elle.
Après cette agression, Melvyn a essayé de se cacher, tandis que Naomi et un autre ami ont demandé de l'aide dans une boîte de nuit voisine. Mais la réponse qu'ils ont reçue a été déchirante : "On nous a dit que ce n'était pas leur problème, qu'on devait nous débrouiller. C'est choquant," déplore Naomi. Matthieu Klein a promis d'aborder la question lors d'une réunion avec les responsables des établissements nocturnes, rappelant leur responsabilité de protection des victimes.
Les jours qui ont suivi l'agression ont été marqués par des blessures visibles, mais également par des séquelles psychologiques. Melvyn confie : "C'est traumatisant, je fais des cauchemars et j'ai constamment des douleurs. Heureusement, nous avons un bon soutien mutuel et des messages de solidarité sur les réseaux sociaux. Cela nous aide, mais la peur reste présente."
Les trois victimes ont porté plainte, et une enquête est actuellement en cours pour violences aggravées, avec des similitudes avec une deuxième agression survenue peu après la première. Le procureur de la République de Nancy a souligné qu'aucune arrestation n'a encore eu lieu, mais l'enquête continue.







