La préfecture de la Moselle, avec le soutien de la gendarmerie, a ordonné la saisie de 315 bovins dans une exploitation située à Donnelay, dans la région du Saulnois. L'association Oeuvre d'assistance aux bêtes d'abattoir (OABA) a été chargée de la protection de ces animaux, signalant un état général extrêmement dégradé.
Jimmy Gouedard, adjoint au directeur de l'OABA, a décrit ces bêtes comme "très très maigres" et en "mauvais état général". L'intervention, qui a eu lieu les 16 et 17 avril, a été à la fois complexe et longue, nécessitant l'engagement de plusieurs acteurs pour garantir le bien-être des animaux.
Des images fournies par l'OABA montrent des bovins visiblement amaigris, leurs côtes étant apparentes. Alarmante, la situation a conduit à la mort de plus de 100 animaux en 2025 au sein de cette exploitation, avec près de 30 décès depuis le début de l'année 2026. Trois d'entre eux ont même dû être euthanasiés sur place à cause de leur état critique.
Selon un rapport d'OABA, l'alimentation insuffisante des animaux a été pointée du doigt comme une des causes majeures de leur dégradation. "La nourriture fournie n'était pas adaptée aux besoins des bovins : le maïs présent dans les rations ne suffisait pas à assurer leur bon développement", explique Gouedard.
Saisie dans un contexte tendu
La saisie des bovins s'est déroulée dans un climat de tension. "L'intervention a eu lieu dans un contexte social compliqué. Certains éleveurs ont vivement contesté la saisie, nécessitant l'intervention des gendarmes", précise Gouedard. Des incidents mineurs ont eu lieu, avec un exploitant suivant même le transport des animaux pendant plus de deux heures.
Les bovins ont été transportés dans une ferme partenaire de l'OABA, où des vétérinaires seront appelés à évaluer et soigner les animaux. Par la suite, une décision judiciaire déterminera si les animaux seront placés dans un élevage ou un refuge. Le parquet de Metz a confirmé qu'une enquête judiciaire était en cours, suite à des accusations de mauvais traitements.
Les conséquences pour les propriétaires pourraient être sévères, risquant jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende, en plus de possibles confiscations d'animaux ou d'interdictions d'exercer dans le domaine agricole.







