La gendarmerie de La Réunion a récemment décidé de revisiter les affaires de trois jeunes femmes disparues entre 1984 et 1993. Ces affaires, qui sont désormais prises en charge par le pôle national des crimes non résolus (PCSNE), font l’objet d’un nouvel appel à témoins et suscitent l’espoir de clarté après des années d’incertitudes, rapporte Ouest-France.
Le premier cas à attirer l’attention remonte au 20 mars 1984, lorsque Marie-Françoise Bomel, âgée de 21 ans, s’est volatilisée à Saint-Paul. Bien qu’elle se rendait chaque jour à la gare, elle n’a plus donné signe de vie, laissant sa famille dans l'angoisse.
Des familles bouleversées
« Je pense à elle très souvent », confie une amie de Marie-Françoise à Réunion 1ère. « Sa sœur souffre encore énormément; il serait réconfortant d'obtenir des réponses. » Cette déclaration témoigne des impacts durables que ces disparitions ont sur les proches des victimes.
Deux ans plus tard, en 1986, Nadia Hoarau, âgée de 24 ans, disparaît à La Saline. Elle avait été aperçue pour la dernière fois alors qu'elle quittait son travail à la discothèque de l’Ermitage-les-Bains. Son frère a témoigné que sa famille a été profondément touchée par cet événement tragique. « Un enfant qui disparaît, on ne peut jamais s'y faire », a-t-il confié.
Des années d’attente
Le dernier mystère en date concerne Michèle Maillot, âgée de 27 ans, qui a disparu le 21 avril 1993 après avoir quitté le domicile de sa sœur à Saint-Leu. À l'époque, des recherches avaient été menées, mais les enquêtes avaient rapidement été classées. Me Corinne Herrmann, avocate spécialisée, déplore la lenteur des procédures et s'interroge : « Comment une femme peut-elle disparaître sans que la justice ne se mobilise pleinement ? »
« Chaque indice peut faire avancer la vérité »
Les gendarmes, dans leur appel à témoins, font état de fouilles géologiques à la recherche de nouveaux éléments, bien que les résultats restent confidentiels. Ils encouragent toute personne ayant des informations, même minimes, à se manifester : « Chaque indice est crucial pour faire avancer la vérité. »
Les forces de l’ordre invitent également la communauté à partager cet appel sur les réseaux sociaux. Les personnes disposant d'éléments à communiquer sont invitées à contacter la Section de recherches de Saint-Denis au +262 6 92 46 29 45.







