Émilie König, une figure centrale du groupe État islamique (EI), sera jugée à Paris du 26 au 30 novembre pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Rapatriée en 2022 après avoir rejoint les rangs de Daech en 2012, elle est accusée d'avoir joué un rôle clé en tant que recruteuse et propagandiste du groupe, comme l’a rapporté l’AFP.
La décision de renvoyer König devant la Cour d’assises spéciale a été prise le 16 septembre, conformément aux recommandations du Parquet national antiterroriste (PNAT), qui avait souligné son implication dans des exactions notoires du EI en zone irako-syrienne. Selon le réquisitoire, elle aurait consenti à rester dans la région pendant des périodes marquées par des atrocités, devenant ainsi une « véritable égérie » du groupe.
En 2014, l'ONU l'avait inscrite sur sa liste des personnes les plus dangereuses, notant qu'elle apparaissait dans des vidéos d'entraînement militaire tout en incitant à des actes de violence en France. Un expert en terrorisme cité par Le Parisien a affirmé : « Cela montre l'évolution de la propagande jihadiste et le rôle que jouent les femmes dans cette dynamique. »
Un parcours de radicalisation marquée
Née en 1984 à Lorient, Émilie König s'est profondément radicalisée après sa conversion à l'islam à l'âge de 17 ans. Son parcours est jonché de violences personnelles qui ont infléchi son cheminement. Liée à la mouvance Forsane Alizza, elle a quitté la France pour rejoindre Daech sans ses enfants, épousant un homme engagé dans le djihad, tué par la suite lors d'un affrontement.
Arrêtée par les forces kurdes en 2017 alors qu'elle était dans un camp en Syrie, Émilie König a suscité l'intérêt des autorités françaises, qui la recherchaient depuis 2015 dans le cadre d'une enquête sur la filière djihadiste de Nîmes. En juillet 2022, elle a été rapatriée avec d'autres femmes et enfants, marquant un retour significatif après la chute du « califat » en 2019.
Ce procès marque ainsi un tournant dans la lutte contre le terrorisme en France alors que les experts anticipent une attention particulière sur le rôle des femmes radicalisées dans les mouvements jihadistes. Le verdict de ce procès pourrait également influencer les futures stratégies de réintégration des rapatriés.







