En Dordogne, la justice est de nouveau confrontée à une affaire troublante impliquant un ancien veilleur de nuit, récemment jugé pour des agressions sexuelles sur des résidents en situation de handicap. Lors d'une audience au tribunal de Bergerac, le prévenu de 67 ans se retrouve face à cinq nouvelles plaignantes, révélant des actes criminels d'une gravité sans précédent.
Mi-septembre, cet homme avait déjà été condamné pour des attouchements sur une pensionnaire d'un foyer à Sainte-Foy-de-Belvès. Après ce premier verdict, quatre femmes et un homme, âgés entre 20 et 76 ans au moment des faits, ont choisi de briser le silence. Les accusations vont des attouchements aux agressions sexuelles aggravées, avec des témoignages glaçants décrivant des intrusions nocturnes dans les chambres.
Une des victimes a relaté des détails choquants : "Il m’a mise toute nue, allongée sur le lit, et a commis l'irréparable". Ces déclarations, renforcées par un rapport d’enquête circonstancié, laissent peu de place au doute quant à la gravité des actes reprochés.
Le prévenu nie cependant toutes les charges, répétant ses dénégations lors de ce nouveau procès, sans contester sa première condamnation. Des experts, comme le psychologue Pierre Duval, soulignent que des troubles psychiques peuvent parfois jouer un rôle dans le comportement déviant, mais que cela ne saurait excuser de tels actes. "Les victimes sont souvent les premières à signaler des abus, mais trop souvent leurs voix sont ignorées", affirme-t-il.
L’avocat de la défense a suggéré que les témoignages pourraient avoir été influencés par la notoriété de l’affaire précédente, mais les avocats des victimes n’en démordent pas : "Les preuves sont solides, et ce n'est pas un cas isolé. D'autres résidents d'établissements similaires se sont déjà plaints d'agressions dans le passé".
Ce constat est inquiétant, d'autant que certaines victimes avaient déjà tenté d'alerter sur des comportements inappropriés, sans être prises au sérieux. "On avait besoin de lui", témoigne un ancien directeur de structure, expliquant pourquoi le veilleur a continué à travailler malgré les alertes.
Au cours des débats, le procureur Gaël Bellet a rappelé la gravité des faits en déclarant : "Il a agi de manière répétitive, sur une période prolongée, compromettant ainsi la sécurité des résidents". Le délibéré dans cette affaire sera rendu le 26 janvier à 14 heures, laissant des victimes dans l'attente d'une justice qui, pour certaines, est déjà trop tardive.
Cette affaire résonne comme un triste rappel des enjeux de sécurité auxquels sont confrontés les résidents handicapés dans les établissements spécialisés. Les témoignages qu'ils fournissent méritent d'être écoutés et pris en compte pour éviter que de tels drames ne se reproduisent à l'avenir.







