Quentin Deranque : l'interrogation sur la présence policière lors de l'agression fatale

Un lynchage tragique à Lyon soulève des questions sur la sécurité publique.
Quentin Deranque : l'interrogation sur la présence policière lors de l'agression fatale
Des personnes ont manifesté dimanche après la mort de Quentin, militant nationaliste. - Photo par BASTIEN OHIER / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Les autorités policières sont critiquées pour leur intervention tardive après l'agression mortelle de Quentin Deranque, militant nationaliste, lors d'une conférence à Sciences-Po.

La question se pose : la police était-elle suffisamment présente lors de l'agression mortelle de Quentin Deranque, âgé de 23 ans, attaqué jeudi dernier à Lyon, pendant une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan à l’Institut d’Études Politiques ?

Dimanche, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a abordé la question lors d'une interview sur France 2. Sans avoir le chiffre exact d'effectifs en tête, il a souligné que des policiers étaient présents lors de ce rassemblement réputé à risque.

Une source proche de l'enquête, rapportée par BFMTV, indique qu'environ 25 policiers étaient déployés, incluant des membres de la Brigade anti-criminalité (BAC) et de la Compagnie départementale d'intervention.

Une réponse tardive de la police

Les forces de l'ordre étaient positionnées aux abords de Sciences-Po lorsque la première altercation a eu lieu autour de 17h40. Malheureusement, lorsque la police est arrivée, les agresseurs avaient disparu. Les témoignages d'observateurs soulignent : "On était face à des groupes très mobiles qui agissaient rapidement".

Pourtant, une CRS a été rappelée dans le secteur en raison des tensions croissantes, entraînant le déploiement supplémentaire de 60 CRS sur place. Toutefois, le lynchage de Deranque a eu lieu dans une rue adjacente, éloignée de la présence policière. Les policiers n'ont pu intervenir qu'après que l'incident ait déjà eu lieu.

Quentin a été transporté à deux kilomètres du lieu de l'agression, autour de 19h40, au 31 quai de Fulchiron.
La situation a poussé le procureur de Lyon, Thierry Dran, à ouvrir une enquête pour homicide volontaire et violences aggravées.

Des experts en sécurité publique, tels que le criminologue Christophe Soulard, notent que les événements récents soulignent une nécessité d'examen des protocoles de sécurité pour les manifestations potentiellement sensibles. "Ce tragique incident met en lumière un défi récurrent pour les forces de l'ordre : savoir répondre à des situations imprévisibles en temps réel".

Alors que l'enquête se poursuit, les interrogations sur l'efficacité de la présence policière émergent comme une préoccupation majeure, tant pour les citoyens que pour les responsables politiques.

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