La cour criminelle départementale de Seine-Saint-Denis a entamé le procès des deux hommes accusés d'avoir agressé Jérémie Cohen le 16 février 2022. Miguel D., 31 ans, et Kenny A., 27 ans, confrontent leur passé face à des allégations de violence ayant entraîné la mort de la victime.
Ce jour-là, Jérémie, un jeune homme de confession juive, était victime d'une agression violente qui le poussa à fuir vers les voies de tram, où il trouva la mort après avoir été percuté. L'affaire a suscité une vive émotion dans l'opinion publique, le père de la victime appelant à la justice lors d'une campagne présidentielle.
Les deux accusés, tout en se présentant en tenue claire afin de donner l'illusion d'innocence, ont des parcours de vie troublés. Miguel D. a été diagnostiqué avec la maladie de Crohn, alors que Kenny A. traîne avec lui un passé judiciaire, notamment une condamnation pour trafic de stupéfiants en 2020. Ce dernier reconnaît avoir interagi avec des personnes liées à la drogue, mais rejette la faute sur son entourage.
Les interventions des avocats, Me Serfati et Me Laporte, mettent en lumière des irrégularités dans le comportement de Kenny A. depuis sa libération, tout en critiquant les réponses de l'accusé qui tentent de minimiser sa responsabilité dans les incidents passés. Le Figaro rapporte que la défense tentera aussi de s'opposer aux témoignages, arguant sur des possibles mensonges concernant la dynamique de l'événement tragique.
Les ambitions de Miguel D. d'avoir une carrière dans les arts de la scène sont, pour l'instant, compromises par son état de santé et son passé pénal. Interrogé sur sa pratique des arts martiaux, il affirme avoir été peu assidu, ce qui pourrait jouer en sa défaveur lors de l'audience. Les divergences entre le témoignage de l'accusé et ceux des autres protagonistes de l'affaire risquent d'intensifier les tensions lors des prochaines sessions.
Les familles des deux côtés, en particulier celle de Jérémie Cohen, suivent les procédures avec une attention palpable. Les avocats ont d'ores et déjà demandé que soit entendue une personne clé, Laurence L., petite amie de Miguel D., soupçonnée de manipuler des preuves après le drame. Le contenu d'un téléphone retrouvé, dont certaines données ont été effacées, pourrait jouer un rôle crucial dans le procès.
Globalement, ce procès se présente déjà comme un tourbillon d'émotions et de tensions où les vérités se bataillent, dans l'attente d'une décision qui pourrait marquer un tournant pour toutes les personnes impliquées.







