Les militants du Pays Basque relaxés : un acte de désobéissance civile salué

Sept militants relaxés après avoir aidé des migrants à franchir la frontière lors de la Korrika.
Les militants du Pays Basque relaxés : un acte de désobéissance civile salué
Une centaine de personnes avaient manifesté devant le palais de justice le jour de l'audience de "l'affaire de la Korrika" © Radio France - Paul Nicolaï

Le tribunal de Bayonne a relâché, ce mardi 17 février, sept militants ayant été accusés d'avoir facilité le passage de migrants en situation irrégulière lors de la Korrika 2024, une course célébrant la langue basque qui a eu lieu en mars. À l'audience, les prévenus ont défendu leur action par leur engagement en faveur des droits humains et la désobéissance civile.

Ce verdict est accueilli avec soulagément par les militants et leurs soutiens. Ils faisaient face à des accusations d'aide illégale à l'immigration en facilitant l'entrée de 36 migrants en provenance du Pays basque sud, qui ont franchi le pont Saint-Jacques le 14 mars 2024 dans le cadre de cet événement festif et culturel.

Le collectif ayant revendiqué cette action inclut 22 associations et de nombreuses personnalités, dont des membres notables de la société basque. Cependant, seuls sept d'entre eux ont été traduits en justice. Le procureur a finalement pris la décision de ne poursuivre que ces militants, malgré les nombreuses voix qui ont plaidé pour la défense de leurs actions.

Lors des débats, les prévenus ont souligné que leur geste visait à mettre en lumière la condition des migrants, souvent oubliés par les décideurs. « Nous avons agi par compassion, pour dénoncer des situations d’injustice », a affirmé l'un des militants, en faisant écho à des propos révélés par France Bleu.

Le procureur avait requis une mesure de clémence, suggérant une relaxe pour un des prévenus, mais aussi des amendes pour les autres, allant de 500 à 1500 euros. Le tribunal a cependant décidé de répondre à l'appel à la justice populaire en relaxant l'ensemble des prévenus, un acte qui pourrait avoir des répercussions sur d'autres cas similaires en France, comme l'a commenté l'expert en droit des réfugiés Pierre Alain : « Ce jugement pourrait être un signal fort pour la défense des droits des migrants. »

Ce délibéré, initialement prévu pour le 16 décembre, avait été reporter, provoquant une attente qui a finalement pris fin avec une issue favorable pour les militants. Ce cas soulève ainsi des questions plus larges concernant la migration et l'engagement civique en France, un sujet plus que jamais d'actualité.

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