Au dernier jour du délai légal, le parquet de Fort-de-France a décidé, le 20 février, d'interjeter appel de la décision du tribunal correctionnel suite au procès des « grands frères », impliquant 7 prévenus dont un a été relaxé. Des avocats rejoignent cette démarche, entraînant un flot de réactions au sein de la défense allant de la surprise à la contre-attaque.
Ce procès, qui a duré trois semaines, a mis en lumière les rôles de treize personnes dans les violences urbaines de 2021. Initialement reléguée aux oubliettes, l’affaire a repris un nouvel élan avec l'annonce de l'appel par divers médias locaux. Les avocats de la défense, indignés, s'expriment sur cette décision. Ouest-France souligne que cet appel principal concerne la condamnation de six individus et d'un relaxé.
Trois avocats de la défense ont également décidé de faire appel, comme l’a confirmé Ouest-France. Hector Cerf, l’un des avocats, a plaidé pour la relaxe et a exprimé son indignation : « Si mon client a été innocenté de la quasi-totalité des faits, la peine de huit mois de sursis est une injustice. »
Les tensions entre le parquet et la défense s'intensifient. Cerf déplore un parquet qui semble incapable de clore cette affaire : « On a l'impression d'un parquet à plusieurs têtes qui peine à terminer cette procédure. »
« Le parquet s’acharne »
Eddy Arneton, défenseur d’un autre prévenu, durement condamné à six mois avec sursis, affirme : « Cette affaire va au-delà du simple procès ; c'est un véritable scandale judiciaire. Le parquet s'enlise dans un dossier vide, tentant de justifier le traitement inhumain vécu par mon client pendant sa détention. »
La réaction de Lorenza Bourjac, avocate d'un policier condamné, est tout aussi claire : « C’est lassant. » Elle souligne que son client, en dépit de son souhait de clore le dossier, se dit surpris par la décision du parquet de faire appel. Toutefois, elle voit cela comme une opportunité de revenir dans le dossier : « Cela nous donne l'occasion de reprendre le débat. »
Il est important de noter que les autres prévenus disposent de cinq jours après le délai légal pour interjeter un appel incident, ce qui pourrait bouleverser davantage le paysage de cette affaire déjà tumultueuse. Les retombées de cette décision se feront probablement sentir à long terme tant au niveau juridique qu’au sein de la société martiniquaise.







